OM: Labrune a proposé à un policier qui l'avait interrogé de travailler au club

FOOTBALL Même si finalement le policier qui a interrogé le président de l'OM n'a pas été embauché, cette histoire pourrait avot un impact sur l'affaire des transferts douteux...

N.C.

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Le président de l'OM Vincent Labrune, en décembre 2015, à Rennes.
Le président de l'OM Vincent Labrune, en décembre 2015, à Rennes. — DAMIEN MEYER / AFP

L’histoire se serait très probablement mal terminée si Vincent Labrune avait été au bout de son idée. Dans leur édition de samedi, L’Equipe et La Provence reviennent sur un épisode pas très glorieux impliquant le président de l’OM. Ce dernier a proposé à un policier qui l’avait interrogé pendant sa garde à vue dans le cadre de l’affaire des transferts douteux de devenir le chef de la sécurité du club.

L’histoire remonte à la saison dernière. Entendu en novembre 2014 en tant que témoin assisté dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour « blanchiment, abus de biens sociaux, association de malfaiteurs, extorsion de fonds en bande organisée et recel », Labrune sympathise avec Yannick H., l’un des policiers l’ayant interrogé. Il l’invite à dîner, à assister aux matchs de l’OM, et au milieu de l’année 2015 il lui propose un poste au sein du club.

Labrune veut en faire son nouveau chef de la sécurité, et pour cela il lui offre un contrat de cadre dirigeant à près de 9.000 euros par mois, plus une voiture de fonction. Environ le triple de son salaire de fonctionnaire, précise La Provence. Mis au courant, le préfet donne un avis négatif, mais l’affaire est tout de même sur le point de se conclure… Jusqu’à ce que le président de l’OM fasse machine arrière, sans donner d’explication au policier.

Une sage décision, pour tout le monde. « Heureusement qu’il n’a jamais pris ses fonctions sinon ça partait directement au pénal », dit un proche de cette affaire au quotidien provençal. Ces négociations inabouties pourraient tout de même avoir des conséquences.

Une requête déposée pour dénoncer l’impartialité de l’instruction ?

En effet, Me Pierre Bruno, l’avocat de l’agent de joueurs Jean-Luc Barresi, un des mis en cause dans le dossier des transferts douteux, ne compte pas laisser passer ça. « Yannick H., ce n’est pas n’importe qui. C’est beaucoup plus qu’un problème déontologique. Hasard ou coïncidence, je constate que Labrune est le seul dirigeant qui n’a pas été mis en examen après son audition chez le juge en décembre 2015 », souligne-t-il dans L’Equipe.

L’avocat va demander le dessaisissement de l’OCLCO (l’Office central de lutte contre le crime organisé, auquel appartient Yannick H.) et envisagerait le dépôt d’une requête pour dénoncer l’impartialité de l’instruction. Les magistrats en charge de l’affaire s’arrachent déjà les cheveux.