Clasico: Ça donne quoi Zidane au Real Madrid? On fait le bilan avant Barça-Real

FOOTBALL L'entraîneur français vivra son premier choc contre les Catalans samedi...

Romain Baheux

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Zinédine Zidane lors du match entre le Real Madrid et l'AS Rome le 8 mars 2016.
Zinédine Zidane lors du match entre le Real Madrid et l'AS Rome le 8 mars 2016. — Ruben Albarran/Shutters/SIPA

Le Real Madrid a beau avoir accueilli un jour Julien Faubert, il possède encore cette faculté de vendre ses événements avec brio. Ainsi, on n’a pu s’empêcher de vibrer en janvier lors de l’intronisation de Zinédine Zidane comme entraîneur d’un club qui n’avait pourtant pas jugé bon de lui confier le poste l’été précédent. Mais si être une idole permet de ne pas payer la note au restaurant, ça ne vous préserve pas d’un bilan avant votre premier Clasico, samedi, contre un Barça en pleine bourre. Car il a changé quoi au Real au juste Zizou ?

Son équipe

Arrivé dans la foulée d’un Rafael Benitez taillé dans tous les sens, Zidane a surfé un temps sur l’état de grâce qui a entouré son arrivée, porté par deux dérouillées infligées à La Corogne (5-0) puis Gijon (5-1). Mais les unes des journaux où on s’excite sur les manitas de Zizou ont vécu, la faute à un revers assez moche (0-1) contre l’Atlético Madrid et une qualification pour les quarts de la Ligue des champions contre l’AS Rome pas assez excitante aux yeux des socios.

Mathématiquement, Madrid a aussi perdu tout espoir de remporter la Liga, passant de deux points - mais avec un match supplémentaire - à dix dans la vue sur le Barça. Heureusement, le Real version Zizou séduit plus que la copie de Rafael Benitez. Récemment, tout le monde s’est félicité de sa décision de titulariser le milieu brésilien Casemiro pour redonner de l’équilibre à une équipe ultra-offensive. « Oui, des gens ont déjà remis en cause ses capacités mais citez-moi une personne au Real à qui ça n’est pas arrivé », sourit Pablo Polo, journaliste au quotidien Marca.

« Il a récupéré une formation en difficulté, a amélioré un peu les choses mais ce n’est quand même pas le Real qu’on a envie de voir, juge Francisco Buyo, ancien gardien du club. Maintenant, il sera vraiment jugé sur son parcours en Ligue des champions. » On lui conseille quand même d’éviter de laisser son équipe en prendre cinq au Camp Nou.

Son vestiaire

Pour l’instant, l’aura de l’ancien meneur de jeu des Bleus demeure intacte auprès de ses ouailles. Même titillé par les journalistes, aucun de ses joueurs n’a osé sous-entendre que les choix de Zidane expliqueraient certains soucis de l’équipe. Dans sa sortie fracassante après le revers dans le derby, Cristiano Ronaldo avait uniquement visé le niveau de ses partenaires, pas aux compétences du boss.

Pourtant très susceptibles, les stars du vestiaire n’ont même pas mal vécu les récentes remontées de bretelles de Zidane. « Parfois on a besoin qu’on nous pousse un peu dans la bonne direction, estime le Gallois Gareth Bale. Il débute comme entraîneur mais il s’en sort très bien. Il nous transmet une grande confiance ». « Les mauvais résultats n’ont pas affecté son image pour l’instant », soutient Buyo.

Sa com’

Glisser quelques mots sur les jeunes prometteurs de la réserve du Real, c’est facile. Se faire titiller par la presse madrilène au moindre début de commencement d’ombre de polémique, ça l’est nettement moins. Pour l’instant, Zinédine Zidane, qui a eu l’intelligence - hein Benitez - d’affirmer directement que Ronaldo était meilleur que Messi. « Il se montre très ouvert et n’est pas dans un rapport conflictuel avec la presse, souligne Pablo Polo. Il a le sourire et reste calme, on a l’impression qu’il fait ça depuis des amis. »

Le service com du club madrilène se charge aussi d’assurer le service après-vente à grand renfort de vidéos le montrant s’occuper des centres à l’entraînement ou échanger des sourires complices avec ses hommes. Reste qu’on n’a jamais gagné un Clasico juste sur une risette.