Vacances d'été en mars: on a parlé ski à roulettes, bowling et barbecue avec Martin Fourcade

BIATHLON Martin Fourcade nous a raconté son programme…

Paul Arrivé

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Martin Fourcade lors de sa victoire en poursuite le 6 mars 2016.
Martin Fourcade lors de sa victoire en poursuite le 6 mars 2016. — Vidar Ruud Larsen/AP/SIPA

Quadruple Champion du monde de biathlon à Oslo il y a quelques jours, vainqueur du gros globe de la Coupe du monde, Martin Fourcade va pouvoir se payer des vacances méritées. Assez courtes finalement (non, il n’est pas occupé par son sport « seulement quand il fait froid »), avant de repartir sur un cycle de préparation et de travail.

Du coup, on a essayé de comprendre avec lui ce que peut bien faire un biathlète quand sa saison se termine en mars…

Comme c’est bientôt les vacances, est-ce que tu vas en profiter pour aller au ski ?

Je vais y aller avant les vacances. Je vais essayer de skier, de faire deux ou trois randonnées, du ski alpin parce que j’adore ça et que je n’ai pas eu le temps de faire cet hiver. Mais au moment de la coupure je n’irai pas au ski. J’ai besoin de stopper, voir un univers différent. Du coup je pars dans le sud du Maroc et pour la première fois en tant que papa.

C’est important de couper avec le ski ?

Oui. J’ai besoin de me dépayser, voir autre chose, poser le téléphone. C’est important pour moi.

Est-ce que ça n’est pas un peu frustrant d’avoir ses vacances d’été en mars ?

Non, parce que sur la période d’été je m’entraîne beaucoup. Je ne peux pas prendre de vacances à la plage, mais je vis des choses au quotidien qui me rendent tellement heureux que c’est un sacrifice qui en vaut la chandelle.

Et du coup ce n’est pas dur de devoir faire les barbecues en mars-avril ?

J’en fais l’été ça par contre ! Pas à la plage, mais à la montagne on peut. Je n’ai pas une vie de moine, j’ai un travail avec un entraînement le matin, un l’après-midi, mais j’ai du temps pour manger avec les copains.

Tu vas rester dans le Vercors quand même ?

D’abord la coupure et ensuite on ira se poser à la maison, oui.

Avant de reprendre l’entraînement…

Début mai ! Le retour sur les skis est loin. Et la compétition redémarre début décembre.

Et au ski à roulettes aussi c’est toi le meilleur ?

Il y a quand même des différences… Ce n’est pas monstrueux, mais j’essaye ouais, d’être le meilleur.

Et tu fais du bowling un peu ? Tu t’imposes un tour de pénalité s’il reste une quille debout ?

(rires) Je ne suis pas bon au bowling… C’est une grande déception parce que je suis un compétiteur et à chaque fois que j’en fais un je me fais triquer. Comme je ne suis vraiment pas bon, je n’y vais pas beaucoup du coup.

Et le surf ?

J’aimerais bien en faire ! Ça doit être passionnant mais comme je n’ai pas trop le temps d’aller à la mer…

Si tu pouvais y aller, tu donnerais tes planches à farter aux techniciens de l’Équipe de France de biathlon ?

Alors je dirais que c’est l’inverse ! Nous, c’est pour glisser dans les meilleures conditions possible et eux pour que ça tienne. Donc j’éviterais, plutôt.

Il y a un moment dans l’été où il faut que tu retrouves la neige ?

On le fait, en Allemagne ! Il y a des moments en mai – juin,je n’ai pas envie de retrouver les skis mais en juillet on se dit « ah ouais j’irais bien là quand même ». Donc on va dans les tunnels en Allemagne, on y passe pas mal de temps.

Et une petite session dans l’Himalaya ce n’est pas envisageable ?

Non, les voyages j’évite. Je passe 200 jours par an loin de la maison donc quand je peux y rester, je le fais. Le Maroc c’est vraiment pour la coupure, pour changer de cadre.

Quand on se promène toute la saison comme tu l’as fait, est-ce que ce n’est pas des vacances finalement ?

On se promène… entre guillemets ! Je ne le ressens pas comme ça. Et non, pas du tout. Parce que même quand ça se passe bien il faut toujours se réinvestir, se remettre en question. Donc même si tu gagnes une course avec beaucoup d’avance, le travail sur toi-même est encore plus important.