Vous voulez des médailles françaises aux JO? Sponsorisez les athlètes!

OLYMPIQUES De nouveaux athlètes cherchent des financements via le crowdfunding...

20 Minutes avec AFP

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L'escrimeuse Ysaora Thibus
L'escrimeuse Ysaora Thibus — Ivan Sekretarev/AP/SIPA
Bonus pour certains, «question de vie ou de mort» pour d'autres: le «crowdfunding» ou financement participatif s'est installé dans le paysage sportif français comme complément à des subventions publiques de plus en plus maigres et des partenariats privés rares.

A ce jour, ils sont plusieurs dizaines d'athlètes français à en appeler à la générosité sur internet pour financer une partie de leur préparation aux Jeux de Rio. N.1 française, la fleurettiste Ysaora Thibus a ainsi eu recours au programme de crowdfunding développé par la marque Powerade (Coca-Cola) et le Français Sponsorise.me, l'un des leaders du marché du financement participatif sportif, pour lever plus de 2.000 euros et se payer un ostéopathe. Idem pour la gymnaste Youna Dufournet, qui pourra grâce à la même somme s'offrir avant Rio un stage en Angleterre chez la tenante du titre européen aux barres asymétriques.

Des sommes qui améliorent le quotidien

«Pour les athlètes sélectionnables aux JO, la bourse de préparation olympique prend en charge la partie sportive», explique Loïc Yviquel, co-fondateur de Sponsorise.me. «Mais il y a des suppléments qui peuvent paraître anodin: un préparateur mental, un stage, un voyage dans des conditions plus confortables. On est sur des sommes qui ne sont pas énormes mais améliorent le quotidien.»

La plupart du temps, les donneurs viennent du premier cercle: famille, amis. Puis il y a les «followers» sur les réseaux sociaux, et les fans de la discipline. Plus la personnalité est connue, comme ce fut le cas pour la judokate Priscilla Gneto, médaillée de bronze à Londres, plus la cible potentielle est large.

«Il y a un épuisement des subventions des collectivités et des sponsors, reprend Loïc Yviquel, et il y a beaucoup de sportifs dont l'entraînement est si exigeant qu'ils ne peuvent travailler à côté.» «Le crowdfunding montre le grand écart qu'il peut y avoir entre ceux qui sont connus et reconnus et attirent des partenaires, et les autres, ceux qui sont contraints de recourir à ce système», souligne Denis Masseglia.

Encore une connotation négative

Le crowdfunding, généralisé dans les pays anglo-saxons dans de multiples domaines, notamment la politique, et très largement dans le sport, conserve parfois en France une connotation négative. Qualifiée pour Rio, la plongeuse de haut vol Laura Marino a ainsi beaucoup hésité à se lancer dans la campagne Powerade pour s'offrir les services d'un kiné et d'un préparateur mental.

«J'étais réticente dans un premier temps, car je n'avais pas envie de quémander de l'argent pour financer ma passion (...), mais je me suis rendue compte que les gens étaient hyper contents de pouvoir m'accompagner, même en versant de toutes petites sommes», raconte-t-elle.

Bien évidemment, le financement participatif est d'autant plus utile que l'on descend dans l'échelle de la notoriété et de la médiatisation. «Il y a des gens pour qui c'est une optimisation, un complément, d'autres pour lesquels c'est une question de vie ou de mort», note Guillaume Gibon, co-fondateur du site Fosburit, l'autre grand nom du marché français du crowdfunding sportif.