Soyons fous : Et si on croyait la Fifa quand elle dit qu’elle va changer ?

FOOTBALL L'élection du nouveau président, c'est vendredi...

Antoine Maes

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Le siège de la Fifa à Zurich, le 16 février 2016.
Le siège de la Fifa à Zurich, le 16 février 2016. — MICHAEL BUHOLZER / AFP

Le match de foot le plus important de la saison a lieu vendredi. Et vous ne verrez personne débarquer en short et crampons : La Fifa tient son congrès extraordinaire, et en profitera pour élire un nouveau président, mais aussi tout un wagon de réformes. Voilà des mois - pardon, des années - que l ’instance du foot se vautre dans tous les scandales possibles. Mais cette fois, promis, juré, tout va changer. Enfin c’est ce que dit la Fifa. Alors, on y croit ou pas ?

1. Vous êtes dégoûtés, mais vous y croyez encore un peu

On ne peut pas dire qu’on est tombé de la chaise quand on a vu les résultats. L’ONG Transparency Internationala monté un sondage autour de la crédibilité de la Fifa dans le grand public. Les chiffres sont sympas : 69 % des sondés n’ont aucune confiance, 60 % ne choisiraient aucun des candidats pour la présidence, et 57 % pensent que le foot est plus corrompu que les autres sports. Oui mais « ça ne veut pas dire que la Fifa ne peut pas se réformer, mais qu’elle a un sérieux problème de légitimité. Il y a aussi 50 % de nos sondés qui pensent que la Fifa peu changer », répond Gareth Sweeney, qui a dirigé le fameux rapport.

2. Et ouais, il y a quand même des choses qui bougent

Il faut être totalement honnête : vendredi, les membres de la Fifa vont voter pour des réformes qui pourraient vraiment faire bouger les choses. « Ils essaient, oui, admet Gareth Sweeney. Mais la question c’est : Est-ce qu’ils essaient assez ? Les mandats seront limités, il y a un effort de transparence, un comité des recours totalement indépendant, un comité de gouvernement qui sera à 50 % indépendant… tout ça est important. Mais ils sont à la moitié du chemin ». Après la réunion du comité exécutif, mercredi, Issa Hayatou a d’ailleurs enjoint ses ouailles à ne pas louper l’opportunité : « Approuver ces réformes enverra un message fort que nous avons écouté et que nous prenons les mesures pour regagner la confiance ».

3. Et des sales habitudes qui persistent

Sepp Blatter n’est plus là, d’autres cadres de haut niveau ont dégagé, mais la Fifa reste la Fifa. Installer un organe vraiment indépendant qui superviserait la transformation, c’est une mesure proposée par Transparency International. Mais ça ne devrait pas voir le jour. « L’histoire a montré qu’on ne peut pas croire la Fifa quand elle essaie toute seul, estime Gareth Sweeney. Nous réclamons cette supervision indépendante, pour la guider, mais aussi pour renforcer l’appui du public. La politique de la porte fermée, ça ne marche pas ».

Des belles têtes de vainqueur.
Des belles têtes de vainqueur. - AFP

 

4. Quoi qu’il arrive, tout peut finir par terre

On allait oublier… Certes, il faut voter des réformes. Il ne faut pas non plus oublier de les utiliser. Mais même si c’est le cas, tout pourrait finir par terre. Car si la Fifa refuse obstinément d’ouvrir un véritable inventaire sur ses pratiques douteuses des dernières années, la justice pourrait bien le faire pour elle. Les investigations des Suisses et des Américains sont toujours en cours, et pourraient ruiner les efforts de la Fifa - si maigres soient-ils, pour se rénover. « Il y a deux pistes parallèles : la réforme de la Fifa et les enquêtes en cours. On ne sait pas quel impact ça aura », admet Gareth Sweeney.

5. Mais vous kifferez toujours autant le foot

C’est fou, mais c’est comme ça : Les turpitudes de Sepp Blatter and co ne semblent pas dégoûter le public du jeu en lui-même. « Allez voir un match le samedi, c’est aussi pour oublier des problèmes comme la corruption », regrette Gareth Sweeney. Mais à Transparency International, on considère que la représentativité des fans dans les instances est aussi une piste pour le renouveau de la Fifa. Parce que le but est le même pour tout le monde : « Ne faire que profiter du foot et ne plus s’inquiéter de la corruption et de la mauvaise administration ».