Fifa: «C'est trop facile de dire que c'est moi la bête noire», se défend Blatter

FOOTBALL Le dirigeant suisse était invité sur RMC ce jeudi...

N.C.

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Sepp Blatter lors d'une conférence de presse le 21 décembre 2015.
Sepp Blatter lors d'une conférence de presse le 21 décembre 2015. — Matthias Schrader/AP/SIPA

Sepp Blatter n’est pas du genre à lâcher prise. Invité de l’émission Luis Attaque, sur RMC, ce jeudi soir, le président démissionnaire de la Fifa n’a rien reconnu de tous les faits qui lui sont reprochés et qui ont conduit le comité d’éthique de la Fédération internationale à le suspendre 8 ans de toute activité liée au football.

« On dit "c’est Blatter la bête noire", mais c’est trop facile de dire ça, se défend le dirigeant suisse. Il y a beaucoup de personnes inculpées dans les confédérations d’Amérique du nord et du sud aussi. Ce sont donc les activités des confédérations qui sont en cause, et la Fifa n’a pas de droit de regard sur ces activités. »

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Aujourd’hui, à l’écouter, Blatter - qui au passage ne connaissait rien des activités de Valcke à la Fifa - est un homme seul. « C’est d’une tristesse tout ce qui se passe, les conditions dans lesquelles je pars. C’est une situation où on n’a pas d’armes pour lutter contre et plus d’amis. » Même après 40 ans passés dans les arcanes du foot mondial… « Je ne me suis jamais servi du football, je l’ai toujours servi. »

Pour le Suisse, si les Etats-Unis avaient eu, comme « prévu », une des deux Coupes du monde 2018 ou 2022, rien de tout cela ne serait arrivé. L’enquête du FBI n’est qu’une vengeance pour ce changement au profit du Qatar. Et qui a orchestré ce changement ? « Il y a eu une intervention politique au dernier moment par le président de la France [Sarokzy], avec Michel Platini », raconte Blatter.

En parlant de l’ancien meneur de jeu des Bleus, le Suisse n’est pas rancunier. Il lui en veut d’avoir essayé de retourner des Fédérations contre lui lors du dernier vote, en mai 2015. Mais sinon, il le dit innocent dans l’histoire du paiement déloyal de 1,8 million d’euros. « Bien sûr qu’il est innocent. Comme moi. C’était une affaire comptable. Est-ce qu’il avait le droit de les demander ? Est-ce que j’avais le droit de les payer ? Oui. Parce que c’était une dette. »

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Quant à l’élection du nouveau président de la Fifa, le 26 février, Sepp Blatter assure qu’il ne prendra pas position. « J’espère qu’il pourra donner un nouveau regard sur la Fifa (…) mais ce ne sera pas facile de relancer les réformes. »

Passé devant la commission d’appel du comité d’éthique mardi, Blatter attend désormais ce que va décider cette dernière. Ses conclusions sont attendues lundi prochain, 22 février.