Mercato: Mais pourquoi la Chine recrute autant ces dernières semaines?

FOOTBALL Les clubs chinois sont très actifs...

A.M. avec AFP

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Les supporters du club chinois du Guangzhou Evergrande, en décembre 2015, à Osaka.
Les supporters du club chinois du Guangzhou Evergrande, en décembre 2015, à Osaka. — KAZUHIRO NOGI / AFP

Mais qu’est-ce qui se passe avec la Chine ? Alors que le mercato d’hiver ferme ses portes lundi soir, les offres venues d’Asie se multiplient. Dernière en date ? Un intérêt de Shanghaï pour le joueur du PSG Ezequiel Lavezzi. Car la vraie nouveauté est là : les Chinois s’attaquent désormais à des joueurs de sacré calibre. Vous en doutez ? Les clubs des deux premières divisions ont dépensé 200 millions d’euros pour l’achat de joueurs, selon le site de référence transfermarkt.com, soit une hausse de plus de 60 % en un an. C’est possible parce que…

… Xi Jinping est un gros fan de foot

« Une raison nouvelle explique que les milliardaires chinois investissent dans le football en Chine : ils veulent se bâtir un crédit politique », déclare Rowan Simons, auteur d’un livre sur le ballon rond chinois. Cette fièvre acheteuse intervient après qu’une influente commission du Parti communiste, présidée par Xi Jinping, lui-même un fan, a proclamé que « revitaliser le football est une obligation pour faire de la Chine une puissance sportive, dans le cadre du rêve chinois ». En clair, dominer le sport le plus populaire de la planète.

En 2011, alors vice-président, M. Xi avait déclaré souhaiter que la Chine - actuellement 82e au classement mondial de la Fifa - puisse se qualifier, accueillir, puis enfin gagner une Coupe du monde, pour assouvir les rêves de suprématie de son leader. Un plan « en 50 points » mis en place en 2015, met en musique l’injonction présidentielle, à l’aide d’une batterie de mesures : la création de 50.000 écoles de football en 10 ans, la pratique obligatoire pour certains élèves d’écoles primaires et collégiens ou encore la disjonction de ’Association chinoise de Football (ACF) de la bureaucratie gouvernementale. Depuis, les entreprises se précipitent pour investir. « C’est ce que veut leur président », note Tony Rallis, agent de joueurs qui vient de faire signer l’international australien Trent Sainsbury au Jiangsu Suning.

… Les salaires sont costauds grâce aux droits télé

On n’attire pas les mouches avec du vinaigre. Et c’est encore plus vrai dans le foot. Quand un joueur se voit proposer un contrat en Chine, les chiffres ont désormais de quoi faire réfléchir. Et même plus que ça. En avril 2015, une étude du ministère des sports expliquait que la moyenne des salaires dans le championnat chinois était parmi les plus élevée du monde, sport US compris.

Si les clubs chinois peuvent se permettre de tels émoluments, c’est aussi parce que les droits TV ont explosé. En 2015, les diffuseurs chinois payaient 8,2 millions d’euros pour s’offrir les matchs. En 2016, le chiffre est passé à 183 millions, dans le cadre d’un accord global de 1,14 milliard d’euros sur cinq ans, rapporte le Guardian. Avec ça, c’est plus facile de dépenser 27 millions d’euros pour le Brésilien de Chelsea Ramires.

… Les agents sont bien obligés de trouver des débouchés

Vous croyez que c’est facile de devenir millionnaire quand on est agent ? Vous avez tort. En France, ils sont 363 agents recensés officiellement, et ils ne roulent pas tous en Ferrari, loin de là. Le marché hexagonal est bouché ? Autant voir plus grand et regarder du côté de la Chine. « En France, il faut bien quatre à cinq ans avant d’être autonome. De plus en plus d’agents se spécialisent sur le marché chinois, qatari, américain », explique Sydney Broutinovski, le cofondateur de l’Ecole des agents français, à Challenges.