Fifa : Aidons Platini à surmonter son premier échec professionnel (on lui a même refait un CV)

FOOTBALL Il n'aura pas le poste de président de la Fifa, que peut-il faire maintenant?...

Antoine Maes

— 

Michel Platini à Nice, le 28 août 2015.
Michel Platini à Nice, le 28 août 2015. — VALERY HACHE / AFP

Si Michel Platini était un salarié comme les autres, il serait franchement dans de sales draps. C’est un senior de 60 ans qui vient de subir un gros échec professionnel et qui est de retour sur le marché de l’emploi. L’ancien meneur de jeu des Bleus ne sera pas le patron de la Fifa, et il est toujours suspendu de ses fonctions de patron de l’UEFA, en attendant que le TAS tranche sur son cas. Avec Gilles Payet, consultant RH et éditeur du site www.moncoachingemploi.fr, aidons le Français à relancer sa carrière.

A première vue, trois solutions s’offrent à Michel Platini :

. Prendre son mal en patience et retenter sa chance pour la présidence de la Fifa quand il ne sera plus suspendu : « Il peut considérer que ce n’est qu’une parenthèse. A 68 ans il sera peut-être encore en forme. La question c’est comment aller jusqu’au bout de mon rêve ? Comment être bien positionné dans huit ans ? Que faire de ces huit années ? Comment être en forme ? Prêt ? Légitime ? Soutenu ? Il a huit ans pour préparer ça ».

. Prendre sa retraite et profiter de la vie (nous, c’est ce qu’on ferait).

. Abandonner sa carrière dans les instances dirigeantes et retourner dans le vrai monde de l’entreprise (pour rire on a refait son CV).

publié par A_Maes

Le parcours de Platini a de quoi séduire des boîtes qui souhaiteraient s’appuyer sur son expérience et son réseau pour faire du conseil ou du lobbying. Mais attention à l’entretien d’embauche. Il y a deux problèmes majeurs selon Gilles Payet.

Comment sortir indemne d’un entretien d’embauche avec une « tâche » sur son CV telle que l’affaire qui a provoqué sa chute ?

« Il faut le cacher. Enfin… Il ne faut pas en parler en tout cas. Il faut mentir par omission. Tout ce qui est grosse tâche comme ça – période d’incarcération, mise en examen, procédure prud’hommale – ça ne bénéficie jamais au candidat. Même si tu expliques que tu as gagné aux Prudhommes, tu auras quand même intenté une procédure, ce qui n’est pas neutre. Même si tu es 100 % dans ton droit, même si tu es la victime, malheureusement, dans le comportement humain des recruteurs, il y aura toujours un doute. Et quand il y a un doute, on ne prend pas. C’est pour ça qu’il ne faut jamais en parler. L’incarcération, je dois la traiter 3 ou 4 fois par an, c’est délicat. Il vaut mieux parler du fait que pendant trois ans tu as bossé au sein de l’établissement pénitentiaire sans le citer, il faut citer l’atelier de confection. Il faut neutraliser l’information. »

Comment retrouver un boulot quand on a 60 ans ?

« C’est très très difficile. J’accompagne des seniors, et c’est complètement une autre posture. Sur des jobs classiques, il y a quasiment 0 % de chance d’avoir un job. Ce serait peut-être différent aux USA. Sur une candidature plus entrepreneuriale, ou sur un poste où tu apportes un réseau, c’est quelque chose où l’âge peut marcher. Ça, il l’a complètement. Si son ambition c’est de devenir président de la Fifa, c’est sans doute mort. Alors qu’on va lui ouvrir la porte sur pleins d’autres boulots, mais lui s’en fout, ça ne l’empêchera pas de déprimer. Sinon il peut devenir formateur. Certains ont encore pleins de choses à dire à cet âge. Dans les métiers de la transmission, l’âge n’est pas rédhibitoire. »