Jamie Vardy, le 14 décembre 2015 avec Leicester.
Jamie Vardy, le 14 décembre 2015 avec Leicester. — SIPANY/SIPA

FOOTBALL

Angleterre: On a retrouvé le twitto qui a découvert Jamie Vardy

Sam Heaney a écrit un tweet prémonitoire sur le meilleur buteur de Premier League en janvier 2012…

Au dernier relevé des compteurs, on en était à 36 554 retweets et une première réponse comme une évidence : « Meilleure prédiction de l’histoire. Joli ». On ne sait pas qui est allé le déterrer du fin fond des internets, mais il faut reconnaître que le tweet était couillu : « Jamie Vardy, retenez ce nom, retenez ce tweet »…posté le 11 janvier 2012, par un certain @Samtikataka. Inutile de vous dire que ça nous a démangé rapidos : Quel était le génie qui avait vu en Jamie Vardy, alors un grand type dégingandé de 25 ans paumé en cinquième division, le futur meilleur buteur (et leader) de Premier League avec Leicester, devant Aguero, Diego Costa, Giroud, et les autres ?

 

Il nous a fallu de la patience pour mettre la main sur le gaillard. Non pas qu’on ait été les seuls sur le coup, mais le dénommé Sam Heaney a perdu les mots de passe de son compte de l’époque, quand il essayait de percer dans le journalisme sportif. « Plusieurs journalistes anglais ont essayé de me joindre, mais je n’ai plus accès à la boîte mail pour récupérer le mot de passe ! ». Tout ça pour souligner que nous, on a réussi, ce qui ne fait pas de mal à l’ego. D’ailleurs, le jeune homme est bavard. On sent qu’il était impatient de raconter la genèse de ce tweet improbable. « C’est un pote d’université qui m’a mis sur les rails. Il lisait un papier qui citait ce tweet, et la formulation m’était familière. Je pensais pourtant que ce compte avait été effacé depuis le temps que je l’avais abandonné. J’ai cherché le tweet, et ça m’a fait un petit choc quand je suis tombé dessus ! Depuis mes amis et ma famille ne font que m’en parler ».

Les statistiques de Vardy à la fin novembre/Football Fanager

« Là, j’ai pensé qu’on tenait quelqu’un »

Revenons donc à ce crush originel pour Jamie Vardy. On est à l’été 2011, Vardy, 25 ans, vient de rejoindre Fleetwood Town, en cinquième division, le club dans lequel Sam travaille gratis au service de presse. « La première fois que je l’ai vu, c’était pour un 0-0. Il avait quelque chose dans la compréhension du jeu, mais rien de bluffant. Je me rappelle juste m’être dit "Tiens, il pourra nous filer un coup de main sur les ailes". » Il lui faut trois mois pour réviser son jugement. « A Noël, il avait détruit à lui tout seul deux grosses équipes, Southport et Barrow. Il se battait sur tous les ballons, il revenait défendre, il créait pour lui et pour les autres… Et même quand on s’est fait balayer en Cup à Blackpool (5-1), il a trouvé le moyen de marquer un but incroyable. Là, j’ai pensé qu’on tenait quelqu’un ». Les défenses adverses confirment : 34 buts en 40 matchs, c’est correct pour un type qui deux ans auparavant occupait ses journées à fabriquer des attelles avant de s’entraîner avec les amateurs de Stocksbridge.

Pas de quoi enflammer les recruteurs de Premier League non plus, cela dit. Le type marque avec les yeux bandés et les pieds attachés, ok, mais il a déjà l’âge de la maison de retraite et n’a pas laissé que des bons souvenirs à l’académie de Sheffield Wednesday chez les jeunes. Leicester offre un million d’euros quand même. Bel investissement. « Des types comme lui, dans les divisions inférieures, il y en a pas mal, croit savoir Sam. Mais ce qui a permis à Vardy d’arriver jusque-là, c’est sa mentalité et sa passion pour le jeu. Je me souviens d’un trajet en bus avec l’équipe. Les joueurs savaient que j’avais match le lendemain avec mon club de quartier, et tous m’ont souhaité bonne chance. Sauf Jamie, qui m’a simplement dit en partant "Eclate-toi et profite de ton match". Même si je ne le voyais pas devenir meilleur buteur de Premier League, cela dit beaucoup sur la façon dont il conçoit le foot, non ? »

Le doute subsiste malgré tout, parce qu’avant Vardy, l’Angleterre a déjà cru en Chris Sutton, Kevin Philipps, Andy Caroll, autant d’attaquants comètes qui n’ont jamais passé le cap du grand club anglais. Hogdson l’a bien convoqué en sélection, mais presque à contrecœur. « Avant de penser à être notre avant-centre, Jamie devrait être content d’être dans le groupe et encore plus si jamais il entrait dans le onze de départ ». Notre ami Sam n’était guère plus encourageant après la première de Vardy à Fleetwood. Ça ne s’est pourtant pas trop mal passé depuis.