Scandale à la Fifa: La décision du TAS, ça change quoi pour Michel Platini?

FOOTBALL Le Tribunal arbitral du sport n'a pas levé la suspension de 90 jours du Français...  

J.L.

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Michel Platini, le président de l'UEFA, le 28 mai 2015 à Zurich.
Michel Platini, le président de l'UEFA, le 28 mai 2015 à Zurich. — FABRICE COFFRINI / AFP

« La Formation arbitrale du TAS (…) a déterminé que le maintien de la suspension provisoire en cours n’était pas susceptible de causer un dommage irréparable à Michel Platini pour le moment ». S’il faut retenir une phrase du communiqué du Tribunal arbitral du sport sur sa décision de maintenir la suspension du président de l’UEFA, c’est celle-ci. Le signal envoyé au clan du Français est clair. Il ne trouvera pas son salut du côté de la justice suisse, alors que la Fifa doit décider de son sort avant la fin du mois.

Sur le timing, une décision désastreuse (pour Platini)

Dans le monde idéal de Michel Platini, prêt à tout pour affirmer son innocence, le TAS aurait levé sa suspension ce vendredi matin et le Français, en s’y prenant bien, aurait même pu revêtir son costume de président de l’Uefa pour orchestrer la cérémonie du tirage au sort de l’Euro 2016 qui a lieu samedi au Palais des Congrès à Paris. L’image aurait été forte, et la tribune offerte à Platini pour redorer une réputation écornée précieuse avant d’être entendu par la commission d’éthique de la Fifa le 18 décembre. Surtout, ce blanchiment provisoire aurait réinstallé Platini dans la posture d’un candidat potentiel à la présidence de la Fifa, dont l’élection est prévue le 26 février prochain.

Sur le fond, il ne faut rien en conclure

Pour que ce soir bien clair, à aucun moment le TAS, dans sa décision, ne se prononce sur le fond de l’affaire, à savoir le versement de 1,8 millions d’euros réclamé par Platini à la Fifa plusieurs années après un travail supposément effectué pour le compte de l’institution. Le TAS avait été saisi par le clan Platini uniquement pour juger du bien-fondé de la suspension de 90 jours du Français, qui l’empêche concrètement de pouvoir mener campagne pour succéder à Sepp Blatter.

Si cette suspension n’a pas été levée, le TAS précise toutefois qu’une prolongation de la sanction « constituerait une restriction excessive et injustifiée du droit de Michel Platini d’accéder à la justice et ferait basculer la pesée des intérêts en sa faveur ». Cela oblige donc la Fifa à se prononcer sur le fond avant le 5 janvier, quand la suspension de Platini se terminera, de manière à lui laisser le temps de se présenter si jamais il devait être blanchi.

Sur la forme, un désaveu quand même

Joint par Le Monde, Thomas Clay, membre de l’équipe juridique de Platini, n’a pas caché un certain désarroi après la décision du TAS. « Comment un tribunal indépendant et impartial a pu privilégier la procédure FIFA qui n’est qu’une mascarade, plutôt que le droit et la justice qui sont évidemment du côté de Michel Platini ? ». En maintenant la suspension de l’ancien numéro 10 des Bleus, le TAS donne en quelque sorte le champ libre à la Fifa pour décider de la condamnation de celui qui figurait comme le grand favori à la succession de Blatter.  Selon l’Equipe, Platini, qui sera auditionné le 18 décembre, sera fixé sur son sort le 21 décembre. Mais on voit mal comme la justice interne de la Fifa, qui a requis sa radiation à vie pourrait être favorable au Français.