Valence-Lyon: Pourquoi il n'y a pas de quoi danser la lambada quand même à l'OL

FOOTBALL La victoire pour l'honneur à Valence ne doit pas masquer certains constats inquiétants pour Lyon...

Julien Laloye

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Les Lyonnais ont encore du boulot pour retrouver leur niveau.
Les Lyonnais ont encore du boulot pour retrouver leur niveau. — Alberto Saiz/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Valence,

Disons-le tout net, depuis deux jours qu’on est dans le coin, ça sentait plus la dérouillée valencienne que la réaction d’orgueil lyonnaise. Il faut avouer qu’on s’est trompés : cela fait faisait un moment que l’OL n’avait pas joué un match aussi cohérent malgré la moitié d’une équipe à l’infirmerie (pour rappel, manquaient quand même à Mestalla Jallet, Umtiti, Ferri, Fekir et Valbuena). Résistons à l’enflammade tout de même, Fournier et ses hommes ne sont pas encore sortis du pétrin. On vous le prouve en sept raisons bétons.

>> Le match à revivre en direct comme-à-la-maison

Valence était au fond du trou

On ne va pas se battre que qui était le plus malade des deux avant le match, mais reconnaissons que Valence aussi avait ses problèmes. Un nouveau coach tout juste arrivé, des blessés par camions entiers, et un calendrier mal embouché. Gary Neville : « Le match contre Barcelone nous a demandé un énorme effort dimanche, les joueurs ont tout donné mais ils ne pouvaient pas faire mieux. Il y a trop de blessés, ce sont toujours les mêmes qui jouent tous les trois jours ». Bref, c’était pas le Brésil 70 en face.

Brazil 1970 World Cup

 

Lacazette s’est blessé pour un petit moment

Lui qui ne marque plus si souvent n’a même pas eu le temps de profiter de sa joie de buteur, après un joli rush dans le dos d’Abdennour et une finition parfaite de son mauvais pied. Lacazette a ressenti une douleur musculaire sur l’action et Fournier l’a quasiment écarté pour dimanche en conférence de presse. « Quand on sort pour une blessure musculaire et qu’il y a des matchs tous les trois jours, ce n’est pas bon signe ». Et ce n’est pas la forme actuelle de Beauvue qui va rassurer grand-monde.

Lacazette devrait manquer le match à Paris/SIPA

L’arbitre ne sera pas aussi sympa à chaque fois

On a bien regardé l’action au ralenti plusieurs fois, et on cherche encore la faute qu’a pu siffler l’arbitre sur le but annulé de Mustafi en tout début de match. Une poussette d’Abdennour sur Yanga Mbiwa pas loin ? Il n’y avait pas de quoi s’offusquer du contact, franchement. Et pas besoin d’avoir fait Saint-Cyr pour savoir ce qu’aurait donné une ouverture du score précoce des Espagnols. Il suffit de revoir tous les matchs de Lyon en novembre.

Clément Grenier ailier gauche, really ?

C’est un peu chiant donc n’y passons pas des heures mais les observateurs attentifs auront constaté que Lyon a lâché son losange adoré pour un 4-3-3 vintage… avec Grenier ailier gauche. « Quand on a la chance d’avoir joueur de ce talent et qu’on sait qu’il est capable de démarrer un match, on prend, s’est expliqué Fournier. Après plus que le schéma de départ, c’est l’animation qu’il faut retenir ». On a justement retenu que de mettre un joueur-classieux-mais-qui-n’avance-pas sur un côté où il faut éliminer, déborder, sprinter, se replacer, et plein d’autres choses encore, c’est moyennement tenable sur la durée.

Cornet n’est pas encore Arjen Robben

On ne sait pas si Grenier peut jouer ailier gauche mais on est à peu près sûr que Cornet ne sortira pas un match comme ça tous les soirs. Ou alors l’OL tient encore un nouvel attaquant monstrueux pour le futur, ce qui commencerait à devenir louche. Souvent transparent depuis son arrivée en janvier, l’ancien messin a malaxé les reins d’Abdennour pour en faire du hachis parmentier, en y ajoutant une frappe en lulu digne d’un Robben botoxé. « Je voulais montrer au coach qu’il peut compter sur moi, s’est réjoui l’intéréssé. Maintenant il faut garder la tête sur les épaules et enchaîner plusieurs performances de ce niveau ». Bien parlé, Maxwell.

Le marquage sur coup de pied arrêté, my god

C’est à se demander si les mecs bossent un tant soit peu les corners défensifs à l’entraînement. Contre Angers, Koné s’était vautré dans le ridicule en prenant le bouillon sur trois duels avec Ndoye. A Valence, Gonalons, toujours généreux, a pris le relais du général Bako au marquage de Mustafi. Après dix minutes de jeu, cela donnait un poteau, un but refusé pour rien, et surtout l’impression hallucinante que chaque corner pouvait provoquer la catastrophe. Et encore, on était dans un de ces soirs où Yanga Mbiwa est touché par la grâce. Pas une boulette à signaler en 90 minutes.

Tu joues le PSG au Parc dimanche

« On va à Paris avec un petit pic de confiance, il faut en profiter ». C’est mignon mon petit Cornet, mais même toi tu n’y crois pas. Tomber sur le PSG quand tu es en pleine forme, c’est coton. Tomber sur le PSG quand tu te relèves à peine d’un mois horrible et que tu te pointes au Parc avec un jour de récupération en moins et des blessés dans tous les sens, on frise le suicide. Pour vous donner une idée du carnage potentiel : Ghezzal-Cornet-Beauvue versus Cavani-Ibra-Di Maria. Pensez à coucher les enfants pas trop tard.