Ligue des champions: Mais comment Manchester United a fait pour se planter comme ça ?

FOOTBALL C’est l’une des plus grosses surprises de l’année…

B.V.

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Le Mancunien Matteo Darmian dépité lors du match entre Manchester United et Wolfsburg le 8 décembre 2015.
Le Mancunien Matteo Darmian dépité lors du match entre Manchester United et Wolfsburg le 8 décembre 2015. — Michael Sohn/AP/SIPA

On en parle moins parce que Manchester United n’est plus un grand d’Europe depuis quelques temps, au moins sur le terrain. Mais l’élimination de la formation de Van Gaal, sortie de la Ligue des champions mardi soir, n’en reste pas moins une énorme surprise et surtout un gros gâchis. Depuis l’arrivée du Néerlandais autoproclamé « meilleur entraîneur du monde », ce sont près de 300 millions d’euros qui ont été investis en transfert pour des résultats tout juste passables. Mais qu’est-ce qui passe chez les Red Devils ?

«Cette équipe été faiblarde à chaque match»

« Franchement, pour parler d’un désastre, il faudrait qu’on soit surpris. Là, on ne l’est pas. Cette équipe été faiblarde à chaque match de Ligue des champions dans une poule nulle, dont les vainqueurs ne verront probablement pas les quarts de finale ». Il y a plus de résignation que de colère dans la voix de l’ancien milieu d’United Paul Scholes, consultant sur la chaîne anglaise BT. Eliminé par deux équipes « qui-jouent-bien-au-foot-mais-bon-c’est-pas-le-Barça-non-plus », Wolfsburg et le PSV, Manchester United n’a tout simplement pas le niveau des grands d’Europe sur le terrain.

  • Ca joue très mal au foot

Et particulièrement en attaque : avec 27 buts en 21 matchs, Manchester possède une moyenne ridicule de 1,2 but par match, quand le PSG tourne par exemple à 2,25. Avec 100 millions d’euros dépensés cet été pour refaire son attaque (Martial + Depay), c’est un peu léger. Principal problème : la philosophie mi-défensive mi-stérile de Van Gaal, qui consiste à faire tourner le ballon sans jamais créer d’occasion. Bref, Manchester United, c’est chiant et inefficace.

  • Van Gaal s’est planté sur certaines recrues et ses compos
     

Le cerveau de Louis Van Gaal va probablement trop vite pour le commun des mortels. Du coup, il n’est pas totalement illogique que nous autres ne puissions suivre la logique du génie néerlandais. D’une compo à une autre, d’un recrutement à l’autre, Van Gaal navigue au milieu de vagues d’incohérences.

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Depay acheté 40 millions ? A la cave pendant près d’un mois pour faire place au jeune formé au club, Jesse Lingard. Schweinsteiger nullissime depuis le début de la saison ? Titulaire à tous les matchs. Rooney blessé ? Et si on mettait le grand Marouane Fellaini comme meneur de jeu… De quoi rendre fous les anciens du club : « On se dit qu’il devrait avoir un plan B, C ou D. Mais on dirait qu’il n’a même pas de plan B, soupire Rio Ferdinand, toujours sur BT Sports. Il met Fellaini derrière l’attaquant et on balance sur lui. Alors que sur le banc, il y a un joueur comme Carrick. Moi je le mettrais en premier dans la compo. Pour gagner, il faut prendre des risques, et cette équipe ne le fait pas. Elle est trop prudente. »

  • Il n’a pas l’appui du vestiaire
     

Dès septembre, les prémices de l’échec à venir pointaient. Selon une enquête du très sérieux Times, plusieurs cadres du vestiaire seraient allés voir Louis Van Gaal pour lui reprocher ses « métodes étouffantes » et réclamer de pouvoir « s’exprimer plus librement ». Réputé depuis près de deux décennies comme l’un des entraîneurs les plus rigides du monde (demandez plutôt à Ribéry ce qu’il en pense), le Néerlandais s’est contenté de répondre qu’il était « un communiquant et non pas un dictateur ».  

« Ils m'ont dit que le vestiaire était à plat, ils me l'ont dit parce qu'ils voulaient m'aider, poursuit-il. Je me suis alors rendu dans le vestiaire pour parler avec mes joueurs, et nous avons discuté de beaucoup de choses, mais pas celles qui ont été écrites dans la presse… »

  • La ligue des champions n’était pas un objectif
     

Avant le match décisif pour la qualification face à Wolfsburg,  « LVG » avait déjà tenu un discours douteux devant la presse, expliquant que « l’équipe n’était pas assez forte pour gagner la Ligue des champions. » Même s’il peut le penser, on a du mal à voir en quoi de tels mots peuvent aider les joueurs à appréhender un tel match. « Quand tu as dépensé pour 300 millions d’euros, c’est assez hallucinant de dire ça », souffle Rio Ferdinand.

Mais ça ne fait pas peur à Van Gaal, qui a enchaîné après la défaite, estimant que le réel objectif était le championnat d’Angleterre. « C'est une question de temps avant que nous montrions nos qualités en Ligue des champions, mais on doit désormais attendre l'année prochaine, conclut-il. On a assez à faire en Premier League. J'avais dit à l'avance que c'était un groupe serré et cela se voit dans nos résultats. » Un groupe composé, on le rappelle, de Wolfsburg, du PSV et du CSKA Moscou. Qu’est-ce qu’on aurait pas entendu si le PSG n’en était pas sorti…