Affaire de la sextape: Pour Sarkozy, Valls n'avait pas à s'en prendre à Benzema

POLEMIQUE Le patron des Républicains a taclé Manuel Valls pour sa prise de position, alors que le Premier ministre avait souligné la veille de besoin «d'exemplarité» des grands sportifs...

N.Bg. avec AFP

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Nicolas Sarkozy sur Europe 1 le 2 décembre 2015.
Nicolas Sarkozy sur Europe 1 le 2 décembre 2015. — Europe 1

Dans l'affaire de la sextape de Mathieu Valbuena, Nicolas Sarkozy est-il plutôt Benzema ou Valls? «Si vous me permettez, je ne trancherai pas entre ces deux éminentes personnalités», répond ce matin l'ancien chef de l'Etat, interrogé à ce sujet sur Europe 1. Alors que le Premier ministre s'était montré sévère la veille au sujet de Benzema, mis en examen pour complicité de tentative de chantage et donc, selon Valls, indigne du maillot de l'équipe de France, Nicolas Sarkozy n'a pas voulu se placer sur le terrain de la morale.

«Tout le monde parle de choses qu'il ne connaît pas, qui théoriquement sont couvertes par le secret de l'instruction. On accuse, on dénonce, on démolit, on reproche. M. Valls se pose en statue de l'exemplarité. Dans 15 jours il y aura d'autres éléments, on dénoncera, on reprochera, on crucifiera, et puis ça passera. C'est pas l'état de droit, pour moi», a déclaré Nicolas Sarkozy ce mercredi sur Europe 1. Dans la même émission, le Premier ministre avait estimé mardi à propos de Karim Benzema qu'un «grand sportif doit être exemplaire», faute de quoi il «n'a pas sa place dans l'équipe de France».

«J'ai moi-même été dans cette actualité avant d'être blanchi»

L'attaquant a été mis en examen pour «complicité de tentative de chantage et participation à une association de malfaiteurs» dans le cadre de l'affaire de chantage à la sextape visant son équipier chez les Bleus Mathieu Valbuena, à bientôt six mois de l'Euro-2016.

«Je ne suis pas sélectionneur de l'équipe de France, M. Valls non plus», a lancé le président des Républicains. «Moi je n'aime pas tous ces gens qui donnent des leçons d'exemplarité», a-t-il poursuivi, invitant «à respecter les personnes».

«C'est très douloureux pour Valbuena, qui voit sa vie privée bafouée», a estimé l'ancien Président. «Cette actualité est épouvantable. J'ai moi-même été dans cette actualité avant d'être blanchi. Vous vous souvenez certainement de l'affaire Bettencourt. Et j'en ai tiré une conséquence sur moi, je ne veux pas accabler les gens avant, ça fait trop de mal, ça fait trop de peine, c'est tellement le contraire de ce que devrait être une démocratie apaisée», a-t-il ajouté. Mis en examen au printemps 2013 dans un volet de l'affaire Bettencourt, M. Sarkozy a depuis bénéficié d'un non-lieu.