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FOOTBALLAttentats à Paris: Après les «Daesh on t'enc...», les supporteurs ont «peur» de ne plus pouvoir se déplacer

Attentats à Paris: Après les «Daesh on t'enc...», les supporteurs ont «peur» de ne plus pouvoir se déplacer

FOOTBALLLe ministère de l'Intérieur a prolongé la mesure d'interdiction de déplacement pour les supporters visiteurs...
Des spectateurs fouillés à l'entrée de l'Allianz-Riviera de Nice, le 20 novembre 2015.
Des spectateurs fouillés à l'entrée de l'Allianz-Riviera de Nice, le 20 novembre 2015. - VALERY HACHE / AFP
Antoine Maes

Antoine Maes

On y a entendu des Marseillaises poignantes, des minutes de silence solennelles et des « Daesh, Daesh, on t’enc… ». Mais depuis les dramatiques attaques à Paris du 13 novembre dernier, les stades de Ligue 1 sont surtout amputés des supporters adverses. Dimanche, le ministère de l’Intérieur a prolongé une mesure exceptionnelle jusqu’au week-end du 14 décembre, justifiant cette décision par un grand nombre de fonctionnaires de police déjà mobilisés pour la COP21 ou les mesures de sécurité exceptionnelles prises dans le cadre de l’état d’urgence.



Dans un tel contexte, difficile pour les supporters de faire entendre leur message. « On a l’impression qu’une brèche s’est ouverte pour une interdiction globale des déplacements », explique Pierre Révillon, président de l’Association Nationale des supporters (ANS). Sa grande crainte ? Que les déplacements soient interdits pour une durée indéterminée. « Clairement, ça va durer jusqu’à la fin de l’année. Et sans doute pendant tout l’état d’urgence, c’est-à-dire trois mois. Ensuite, on a peur qu’ils arrivent à appliquer cette interdiction globale ».

« En fait on se rend compte que tout le monde ne peut pas y aller, au stade »

Ce que les supporters habitués à soutenir leur équipe à l’extérieur regrettent, c’est le double discours supposé des autorités. « Quand on voit les discours de Thiriez ou Hollande qui disent ‘’il faut continuer à aller au stade’’, en fait on se rend compte que tout le monde ne peut pas y aller, au stade », reprend Pierre Révillon. Les banderoles ont d’ailleurs fleuri ce week-end, comme à lors de Nantes-Bastia samedi (0-0).

« Nantes - Bastia Les excellents messages des supporters Nantais !! pic.twitter.com/HdVLPIiHpP — tribune-populaire (@tribunepopulair) 28 Novembre 2015 »

Le débat peur paraître anecdotique. Il l’est même sans doute au regard des évènements tragiques des dernières semaines. Mais le manque de dialogue débouche sur des situations ubuesques. A Ajaccio, vendredi, des supporters de Lens ont été interpellés dès leur descente de l’avion à l’aéroport. « Ce qu’il y a d’incohérent, c’est qu’ils disent qu’ils n’ont pas les moyens nécessaires pour assurer la venue des supporters adverses, et derrière il y a autant de policiers présents pour arrêter des supporters et les auditionner toute une journée », lance Pierre Révillon.

« Ils font un amalgame supporter = voyou ou casseur »

En tribune, on pensait pourtant avoir prouvé savoir se tenir dans un contexte si tendu. « Par rapport aux différents hommages qui se sont tenus, où nous étions unis, solidaires et responsables, on a vu qu’on n’était pas bête, reprend le président de l’ANS. Ils font un amalgame supporter = voyou ou casseur. On n’est pas là pour les embêter : Le premier arrêté on peut comprendre. Il y avait un délai très court pour s’organiser. Là ils avaient le temps de rencontrer les assos, au plan local ou national, mais personne n’a été contacté pour trouver des solutions ».

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