Troyes: C’est comment de supporter une équipe qui n’a toujours pas gagné cette saison?

FOOTBALL L'Estac est dernier de Ligue 1 avec seulement cinq points en 14 journées...

Nicolas Camus

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Des supporters de Troyes ayant fait le déplacement à Lorient, lors de la 13e journée de Ligue 1, le 7 novembre 2015.
Des supporters de Troyes ayant fait le déplacement à Lorient, lors de la 13e journée de Ligue 1, le 7 novembre 2015. — AFP PHOTO / FRED TANNEAU

En Ligue 1, on peut supporter le PSG. L’assurance, sur toute une saison, de souffrir à peu près autant que si on prenait deux grammes de morphine parce qu’on s’est coupé le petit doigt. Et puis on peut supporter Troyes, une équipe qui n’a toujours pas gagné un match après 14 journées, qui a enfin obtenu un bon match nul 1-1 face à Lille le week-end dernier après avoir traversé un mois d’octobre à cinq défaites et qui compte déjà 9 points de retard sur le premier non-relégable. Autant dire que là, on est plus sur une réduction de fracture sans anesthésie.

« On joue d’une malchance phénoménale, défend Sébastien Stoltz, le vice-président des Partisans Troyens. On fait des bonnes mi-temps, on joue plutôt bien, mais ça ne rentre pas. Vraiment, ça veut pas, il n’y a pas grand-chose d’autre à dire. » Peut-être que, même s’il est vrai que Troyes a eu sa part de scoumoune, ça semble un peu court pour expliquer les six buts encaissés au Vélodrome (3e journée), la marée prise à Lorient (13e journée) ou les revers à domicile contre Caen et Guingamp. Mais après tout pourquoi pas. Soutenir une équipe, c’est aussi travailler son art de la mauvaise foi.

Le problème à Troyes, c’est que les difficultés ne sont pas seulement sur le terrain. Recalé pour un déficit de 5 millions d’euros puis finalement autorisé à évoluer dans l’élite par la DNCG l’été dernier, l’Estac a dû monter une équipe avec les moyens du bord. Résultat, dix arrivées dont six prêts, et une équipe - hormis Nivet, Dabo ou Camus - trop inexpérimentée. Et dans les tribunes, tout le monde n’apprécie pas la gestion du club.

« Il n’y a qu’un seul et unique responsable, c’est le président, lâche Jean-Marie Moreau, le responsable du groupe Fair Play 10. On savait deux mois avant la fin de saison de Ligue 2 qu’on allait monter, il aurait pu anticiper. Mais non. Quand on en est rendu à racler les fonds de tiroir, on ne peut pas espérer grand-chose. Forcément, on a commencé la saison pessimiste et ça se confirme. »

Attentiooooooooooooooooooon/Chiffre L’Equipe

Daniel Masoni, arrivé en 2009 au moment de la descente du club en National, a remis Troyes sur pied. Mais son mode de fonctionnement, aujourd’hui, ne fait plus l’unanimité. En tout cas pour ce groupe de supporters. « Il nous a imposé plein de choses, et on ne peut pas discuter », ajoute Jean-Marie Moreau, qui a décidé de ne plus aller au stade. « De toute façon, il ne veut plus de nous ».

« Nous, on n’a aucun problème avec lui, assure Sébastien Stoltz. On a confiance en lui, comme en Jean-Marc Furlan ». Même si le club n’arrive pas à se dépêtrer de son image de spécialiste de l’ascenseur L1-L2 ? « On est toujours derrière eux. On prend quand même du plaisir, ça joue bien », reprend le supporter, vraiment pas du genre blasé. Lui, son truc, c’est l’optimisme. Samedi, son équipe rend visite au PSG. « Et on y croit, bien sûr. Sinon, à quoi bon être supporter ? » Dans le fond, il n’a pas tort.