Angleterre-France: «Partout, on a senti un grand respect», raconte le chef des supporters français

FOOTBALL Hervé Mougin, président des «Irrésistibles Français», raconte comment il a vécu cet Angleterre-France si particulier...

Nicolas Camus

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Le stade de Wembley aux couleurs de la France, le 17 novembre 17 à Londres.
Le stade de Wembley aux couleurs de la France, le 17 novembre 17 à Londres. — ADRIAN DENNIS / AFP

Plus que jamais, ils étaient là aux côtés des Bleus. Des milliers de supporters français ont fait le déplacement à Londres, mardi soir, pour assister au match entre la France et l’Angleterre. Quatre jours après les attentats à Paris qui ont coûté la vie à au moins 129 personnes, cette rencontre n’avait (presque) rien d’un match de foot. Plutôt d’un moment de communion entre deux nations solidaires face au terrorisme.

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Hervé Mougin était là, bien sûr. Le président des « Irrésistibles Français », le plus important des groupes de supporters tricolores, a vécu avec émotion toute cette journée. Qui a commencé bien avant la rencontre. « Même loin du centre de Londres, on a vu beaucoup de drapeaux français, les gens nous faisaient des petits signes. Partout, ils ont été sympas. Et puis au stade, on avait demandé des dérogations pour amener des drapeaux et des banderoles, ils nous ont laissés faire », raconte-t-il à 20 Minutes quelques minutes après le coup de sifflet final.

Et puis est venu l’avant-match. Les applaudissements à l’entrée des joueurs pour l’échauffement, les fleurs déposées par le Prince William… « Tout ce protocole a vraiment montré qu’on était dans un match amical, au sens premier du terme », dit Hervé. Ensuite, « La Marseillaise » entonnée par tout Wembley et (surtout) la minute de silence ont ému aux larmes. « Nous, on a chanté à gorge déployée, alors on n’a pas trop entendu ce que ça donnait dans le reste du stade. Et pendant la minute de silence, on se regardait avec les Anglais à côté à côté de nous, partout on a senti un grand respect ».

Ensuite, le terrain n’avait pas beaucoup d’intérêt. En tribunes, Hervé et ses camarades ont tenté de donner de la voix. On les a entendus derrière notre télé, mais cela aurait pu être mieux, selon lui. « J’ai été un peu déçu. On a chanté à 40, 50, mais les autres supporters français ne nous ont pas accompagnés. C’est toujours un peu le problème. Mais si on n’arrive pas à chanter ensemble sur un match comme celui-là, ça m’inquiète. Notamment pour l’Euro 2016 », regrette le chef des « Irrésistibles ».

Malgré tout, ce n’est pas ce qu’il retiendra de cette soirée. La fraternisation avec les Anglais restera plus marquante que les quelques personnes qui lui ont demandé de ranger son drapeau tricolore parce qu’elles ne voyaient pas bien la pelouse. « Ça a été fantastique avec les Anglais. Après l’ignominie de vendredi, on a réussi à avoir une soirée tournée vers l’amitié avec notre meilleur ennemi. » Quand ça ne dépasse pas les terrains de sport.