Top 14: L'arrivée du génial Dan Carter au Racing 92, vraiment une bonne nouvelle ?

RUGBY L’ouvreur néo-zélandais arrive dans le Top 14 au sortir d’une Coupe du monde où il a été exceptionnel…

N.C.

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Dan Carter avec la Coupe du monde de rugby dans les bras, le 31 octobre 2015 à Twickenham.
Dan Carter avec la Coupe du monde de rugby dans les bras, le 31 octobre 2015 à Twickenham. — BPI/REX Shutterstock/SIPA

Oui, Dan Carter a été énorme pendant toute cette Coupe du monde. Et encore plus que ça dans les moments qui comptent. La révolte Black lors de la demi-finale contre l’Afrique du Sud, c’est lui, la moitié des points de son équipe lors de la démonstration en finale face aux Australiens, c’est lui aussi… L’ouvreur le plus élégant du monde est un joueur d’exception, et son arrivée au Racing 92 est une très bonne nouvelle. Carter va faire briller le Top 14 de mille feux et permettre aux Franciliens de soulever enfin le Brennus, c’est sûr. Vraiment ? Ah, peut-être pas tant que ça en fait…

Déjà, il n’est plus tout jeune, le Dan. A bientôt 34 ans (en mars), son état physique est un gros point d’interrogation. Ses trois dernières années avec les Crusaders rendraient presque Abou Diaby jaloux. Bon, la comparaison avec le footballeur de l’OM est un peu (beaucoup) sévère, mais le palmarès du Néo-Zélandais en la matière n’est pas mal non plus. Adducteurs en vrac, tendon d’Achille douloureux, main cassée, épaule disloquée, genou qui grince, tout y est passé ou presque. Au point que les suiveurs néo-zélandais étaient nombreux à s’interroger, avant le Mondial, sur la nécessité de le sélectionner.

Certes, sa constance a impressionné pendant le Mondial. Mais c’est parce qu’il a bossé comme un forcené dans le seul et unique objectif de marcher sur le monde, enfin, après les énormes déceptions de 2007 et 2011. Carter ne voulait pas laisser passer sa dernière chance et il a parfaitement mis son plan à exécution. Mais ensuite ? « La manière dont mon corps réagit m’autorise quelques années de plus, assure l’intéressé. Avec l’âge, le travail devient plus dur pour rester au plus haut niveau. La récupération, prendre soin de son corps, on y fait beaucoup plus attention. »

Il le devra, dans un championnat ultra-physique comme leTop 14. Tout n’est pas non plus qu’une question de forme. En démonstration avec les Blacks, Carter était aussi épaulé par ce qui se fait de mieux au monde à tous les postes ou presque. Il y a également du talent au Racing, évidemment, mais l’on parle d’une équipe en perpétuel chantier qui se liquéfie dès qu’un match décisif arrive. Et qui est parvenu à faire de Jonathan Sexton un joueur quelconque en même pas deux ans. On ne souhaite pas la même chose à Carter et au Racing, qui va tout de même le payer 1,3 millions d’euros par an ces trois prochaines saisons, mais là comme ça on n’est pas d’un optimisme béat. Vivement que le joueur le plus classe du monde nous fasse mentir.