Fifa: Cette fois, c'est (presque) fini pour Michel Platini

FOOTBALL Le président de l’UEFA a été lâché par son comité exécutif, qui a choisi le secrétaire géénral Gianni Infantino ce lundi...

N.C. avec AFP

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Michel Platini lors d'un congrès de l'UEFA, le 24 mai 2013 à Londres.
Michel Platini lors d'un congrès de l'UEFA, le 24 mai 2013 à Londres. — Sang Tan/AP/SIPA

Sa candidature ne tenait plus qu'à un fil. L'annonce de l'entrée en lice de son bras droit à l'UEFA, Gianni Infantino, l'a quasiment rompu. Michel Platini, suspendu 90 jours, a sans doute dit au revoir ce lundi à ses espoirs de succéder à Sepp Blatter à la tête de la Fifa, le 26 février prochain.

A quelques heures de la date-butoir pour le dépôt des dossiers à la Fédération internationale, lundi à minuit, huit candidats sont en lice: le Suisse Infantino, le cheikh bahreini Salman - qui semblent désormais les deux favoris -, le Sud-Africain Tokyo Sexwale, le prince jordanien Ali, le Français Jérôme Champagne, le Libérien Musa Bility et le Trinitéen David Nakhid. Et Platini, donc, qui n'a toujours rien annoncé sur son intention de se retirer de la course ou non.

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Avec l'annonce suprise de la candidature d'Infantino, l'Europe a fini par sortir son plan B pour l'élection du 26 février. Et c'est une mauvaise nouvelle (de plus) pour Platini, le patron de l'instance européenne. En actionnant une candidature alternative à celle du Français, l'UEFA a clairement signifié le peu de crédit qu'elle accorde désormais aux chances de l'ex-capitaine de l'équipe de France de mener la bataille jusqu'au bout.

Platini pensait avoir un boulevard pour accéder à la fonction suprême mais sa mise à l'écart à titre conservatoire par la commission d'éthique de la Fifa en raison d'un versement controversé de 1,8 millions d'euros de la part de Joseph Blatter en 2011, a rebattu toutes les cartes.

L'entourage de Platini «surpris» que l'UEFA l'ait ignoré dans son communiqué

Preuve de l'isolement de Platini, le communiqué de soutien du Comité exécutif de l'UEFA (le gouvernement du foot européen) à son secrétaire général Gianni Infantino ne mentionne même pas le nom du Français. «Nous sommes ravis que Gianni se présente», a précisé la Confédération européenne.

Dans l'entourage de ce dernier, la pilule a du mal à passer et on se dit «surpris» que l'UEFA ait ignoré le nom de son président dans son communiqué. «Michel Platini avait nommé comme bras droit à l'UEFA un manager, il se trouve que ce manager fait beaucoup de politique», a affirmé cette source à l'AFP.

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Selon le camp Platini, Infantino a assuré «oralement» devant le comité exécutif de l'UEFA lundi qu'il se retirerait si Michel Platini était finalement blanchi. Mais le clan du Français se montre très sceptique: «La vérité d'aujourd'hui en politique n'est pas celle du lendemain».

Le cheikh Salman ben Ibrahim Al-Khalifa fait figure de vrai poids lourd

Selon des sources proches du dossier, Infantino a pris le pouls de plusieurs fédérations non-européennes, notamment asiatiques, avant de se lancer dans la course. Cet avocat italo-suisse marche donc allègrement dans les plates-bandes de son président, qui pouvait initialement s'enorgueillir d'avoir le soutien de quatre Confédérations sur six (Europe, Asie, Amérique du Sud, Concacaf).

Le Français avait vu de toutes façons ses plans voler totalement en éclats ces dernières heures avec l'entrée en lice d'un véritable poids lourd, le cheikh Salman ben Ibrahim Al-Khalifa, membre de la famille royale du Bahrein et tout-puissant patron du continent asiatique (AFC), qui s'était initialement rangé derrière lui.