Le rachat du Parc des Princes par le PSG, serait-il un deal gagnant-gagnant ?

FOOTBALL «Le Parisien» affirme ce vendredi que le club discute avec la mairie pour un éventuel rachat du Parc des Princes...

N.C., F.P., B.V.

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Vue générale du Parc des Princes, à Paris, prise le 29 août 2012.
Vue générale du Parc des Princes, à Paris, prise le 29 août 2012. — DURAND FLORENCE/SIPA

On ne sait pas bien jusqu’à quel point elles ont été sérieuses, mais des discussions ont bien eu lieu entre la marie de Paris et les dirigeants qatariens du PSG au sujet d’un rachat du Parc des Princes par le club. Formelles ou non, elles montrent tout de même que les parties concernées réfléchissent au profit qu’elles pourraient en tirer. 20 Minutes fait le point sur leurs intérêts respectifs dans ce dossier.

Quel intérêt pour le PSG ?

Pour le PSG, acheter le Parc serait d’abord une question de prestige. Le Bayern Munich, le Barça, le Real, Manchester United… tous les plus grands clubs du monde sont propriétaires de leur stade, et c’est dans cette cour que le club veut jouer depuis sa reprise par les Qataris. Mais ce n’est évidemment pas que pour l’image que ces véritables institutions ont engagé d’énormes sommes d’argent dans leur enceinte. C’est aussi et surtout pour en disposer comme bon leur semble et jouir de toutes les recettes dégagées.

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Sauf que le PSG loue le Parc des Princes à des conditions très avantageuses. En 2013, le club et la mairie ont signé un nouveau bail emphytéotique sur 30 ans contre un loyer d’un million d’euros par an. Sachant qu’en 2013-2014, le club a ramssé 63 millions d’euros grâce à la billetterie, selon une étude du cabinet Deloitte. Le PSG dispose donc déjà de bénéfices non négligeables et d’une vision à long terme sur la rentabilité d’éventuels investissements, comme un agrandissement de la capacité du stade de 48.000 à 60.000 places. Une situation confortable que l’on n’abandonne pas comme ça.

Quel intérêt pour la ville de Paris ?

C’est une affaire de gros sous. La ville de Paris doit faire face à une situation financière tendue. C’était déjà le cas pour le budget 2015, cela le sera encore cette année. Il manquait ainsi plus de 300 millions pour boucler le budget 2016 de la ville, annonçait sans détour Julien Bargeton, l’adjoint d’Anne Hidalgo en charge des finances.

Pour combler le trou, la ville de Paris cherche notamment à tirer un meilleur profit de son patrimoine. Justement, à en croire Le Parisien, Anne Hidalgo ne tirerait pratiquement aucun profit de son stade. Le quotidien affirme que l’entretien de l’enceinte coûte chaque année 1 million d’euros à la ville. « Mais Le Parisien se trompe, réagit-on un proche de l’entourage d’Anne Hidalgo, contacté par 20 Minutes. L’entretien du stade n’est pas du tout à la charge de la ville. Jamais nous ne payons 1 million d’euros par an pour cela. »

Paris participe en revanche au financement d’une partie des travaux de rénovation du Parc des Princes. « A hauteur de 15 millions d’euros répartis sur les trente années que dure la nouvelle convention d’exploitation. Soit 500.000 euros par an », reprend la même source proche du dossier. Le Parc des Princes serait donc bien rentable pour la mairie, qui a affirmé ce vendredi midi ne pas chercher à vendre dans l’immédiat.

Quel intérêt pour le Qatar ?

Racheter le Parc des Princes signifierait une bonne fois pour toutes, s’il en était encore besoin, que le Qatar est au PSG pour longtemps. Et notamment même pour l’après 2022, une fois la promotion de la Coupe du monde dans l’émirat terminée. Le PSG est l’une des principales vitrines du Qatar à l’étranger. De plus, acheter ce nouveau bien permettait au Qatar de poursuivre ses acquisitions immobilières dans la capitale française, qui sont en suspens depuis 2012, explique Le Parisien. A Paris, le Qatar possède de nombreux hôtels particuliers ainsi que, par exemple, le Royal Monceau ou l’Hôtel Concorde Opera.

Combien pourrait valoir ce stade ?

C’est la grande question. « Il est impossible de donner un chiffre », lançait Olivier Monna directeur de la formation au CDES de Limoges et responsable de la formation « Stadium Manager », en février 2014 dans les colonnes de 20 Minutes. L’estimation est toujours aussi difficile à faire. Le cabinet parisien Ravier, spécialisé dans l’immobilier de prestige, estime dans Le Parisien, « qu’espérer plus de 150 millions d’euros de cette vente serait exagéré ». Toujours dans Le Parisien, Jean-Pascal Gayant, économiste du sport, donne, lui, une fourchette comprise entre 80 et 400 millions d’euros…