Les As du carreau déboulent à Marseille

A Marseille, Fred Azilazian

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Evelyne Thomas. Trophée des artistes du Mondial de la Marseillaise de la pétanque au parc Borély de Marseille, en juillet 2007.
Evelyne Thomas. Trophée des artistes du Mondial de la Marseillaise de la pétanque au parc Borély de Marseille, en juillet 2007. — TSCHAEN / SIPA

La 46e édition du Mondial La Marseillaise de pétanque
a débuté dimanche au Parc Borély, avec 4.224 équipes en lice, soit 12.672 joueurs venant des quatre coins du globe.

Yves Mourousi l’avait surnommé «Le Roland-Garros des Boules». Créé en 1962, sur une idée de Paul Ricard, le Mondial la Marseillaise est aujourd’hui le plus grand concours de pétanque du monde. Suivie par plus de 150.000 spectateurs, cette compétition draine cette année une liste impressionnante de pays: Anglais, Japonais, Suédois, Chinois, Thaïlandais, Sénégalais, Arméniens, Iraniens, Espagnols ou Américains, entre autres, ont pris depuis dimanche leurs quartiers sur la trentaine de stade préparés à cet effet autour du Parc Borély. En attendant la finale jeudi, sur le quai de la Fraternité (Canebière) et en direct sur France 3.

Ambiance. «Pour tout joueur de pétanque qui se respecte, le Mondial la Marseillaise est une Institution, assure Lolo, éliminé quelques instants plus tôt par une triplette d’Espagnols. On attend ça chaque année avec impatience. Pouvoir rencontrer des joueurs d’autres pays comme des Chinois ou des Thaïlandais, c’est magnifique, il faut le voir pour le croire».

«Limiter la dose de pastis»

En marge d’une partie endiablée mais interminable, Liam explique à Natasha – qui découvre le Mondial pour la première fois- que pour être prêt le jour J, certains joueurs ont suivi une préparation spécifique. «Depuis le mois de juin, on a intensifié les entraînements et fait attention à ce que l’on mangeait, reconnaît de son côté Roland qui, avec son frère Michel, vient de se qualifier pour la 3e partie. Samedi, on s’est couché à 22h pour être en forme. Pour l’instant, ça a l’air de payer. Mais pour espérer aller le plus loin possible dans le tournoi, il faut surtout apprendre à limiter les doses de pastis. J’en ai vu certains qui n’avaient pas bonne mine. Avec la chaleur, ça ne pardonne pas…».

Un peu plus loin chez les pros, le débat sur la rivalité Nord-Sud bat son plein. «Les joueurs qui viennent du Nord sont plus sérieux que nous, peste Pètou Caglieri, président de la Boule Florian à Marseille, 2e club de pétanque français avec ses plus de 500 licenciés. Ils montent des équipes solides et jouent pour la gagn’. Du coup, ça fait des années qu’on se fait coiffer par des Parisiens (comme par exemple Philippe Quintais, vainqueur en 2004 et 2005, ndlr). Dans le Nord, la pétanque est devenu un sport, alors que chez nous, c’est resté un passe-temps, une rigolade conviviale entre amis».

«On va s’aimer»

Une rigolade qui chaque année pousse de nombreux «people» à venir tester leur adresse lors du traditionnel Trophée des Artistes. Après Jean Reno, Charlotte Rampling, Henri Salvador, Joey Starr ou Patrick Bruel, les Marseillais ont droit cette année à Danièle Gilbert, Evelyne Thomas, Pascal Sellem, Lord Kossity ou encore Herbert Léonard. «Que des has been, murmure, déçu, un habitué du tournoi. Regardez, Herbert Léonard, ça doit faire 25 ans qu’on ne l’a plus entendu à la radio…». Heureusement, Gilbert Montagné, survolté, remet du baume au cœur des aficionados. «On va s’aimer/Sous le sunlight des tropiques…», chante-t-il au public qui a enfin trouvé son favori. «Allez Gilbert, en finale!»

Chiffres.
2.400 euros. Le montant du premier prix du Mondial. Plus 3 litres de Pastis…
15%. Comme le pourcentage de femmes licenciées en France et pratiquant la pétanque régulièrement. Un chiffre qui ne cesse d’augmenter.