XV de France: Via ferrata, triathlon, GIGN... Notre méthode de sélection façon «Koh-Lanta» pour la Coupe du monde de rugby

COUPE DU MONDE Philippe Saint-André donnera sa liste définitive juste après le match face à l’Angleterre samedi...

Julien Laloye

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Les Bleus en ont bavé sur le glacier de Tignes.
Les Bleus en ont bavé sur le glacier de Tignes. — Instagram Fulgence Ouedraogo

Trois jours avant le couperet, ça doit cogiter sévère dans les têtes du staff tricolore avant d’écarter les cinq malheureux qui n’iront pas à la Coupe du monde. Mais plutôt que d’analyser le rapport puissance-franchissement de Machinchouette ou le nombre de plaquages à la seconde de Trucmuche, on suggère à Philippe Saint-André une autre méthode. Puisque le rugby n’a pas l’air d’être le truc des Bleus, pourquoi ne pas se baser sur leurs résultats lors des fameuses épreuves concoctées par PSA pour « souder le groupe » ? Via ferrata, montée de l’Iseran à vélo, triathlon et formation au GIGN.

Via ferrata

«En bas de Val d'Isère, garez-vous sur le parking du centre commercial en face de "Pierre et Vacances" et prenez le sentier à droite des immeubles», ou le petit conseil des régionaux pour trouver à coup sûr la via ferrata du Roc de Tovière, testée par les joueurs français fin juillet. Quatre heures de bonheur, pendant lesquelles personne ne s’est défilé. «C’est important pour le groupe que tout le monde ait pu finir, raconte Morgan Parra. Rabah Slimani s’était arrêté à la moitié avec le Stade Français, là il est allé jusqu’au bout». Maestri n’a pas ce problème; le Toulousain préfère le rôle du pote-relou-qui n’a-peur-de-rien, celui qui saute à pieds joints sur le pont de singe pour faire flipper tout le monde.

Verdict. Le pilier parisien prend le dessus sur Atonio pour accompagner Nicolas Mas à la mêlée. On sanctionnerait bien Maestri pour son égoïsme, mais c’est lui ou Vahaamahina. Autant dire qu’on n’a pas le choix. On le garde.

Montée de l’Iseran à vélo

Escaladé dans la foulée de la via ferrata, l’Iseran fait des dégâts, sauf pour Rory Kockott, plus aérien que Chris Froome à la Pierre Saint Martin. Le demi de mêlée sud-africain prend le dessus sur son concurrent Tillous-Borde, absent au village-départ à cause d’un genou douloureux. Mention bien aussi à Michalak, Lamerat et Picamoles, arrivés bien au chaud dans le groupe Quintana. Brice Dulin finit beaucoup plus loin, mais c’était pour la bonne cause. L’arrière parisien est resté dans le gruppetto toute l’ascension pour encourager les piliers-sprinteurs Atonio et Chiocci, en grande difficulté.

Verdict. Kockott passe le cut, comme Lamerat, bien mieux classé au centre qu’un Bastareaud en perdition. Dulin part directement titulaire après sa meilleure action en bleu en trois ans. L’esprit d’équipe avant tout.

Mini-triathlon

On passe à l’enchaînement running-bike, tir à l’arc, puis construction et course de radeaux, l’occasion pour Kockott de montrer que s’il n’est pas encore dans les 31, il aurait régalé à Koh-Lanta. « Bison fougueux », son nom de scout au Cap, entraîne dans son sillage Chiocci, Lamerat, Chouly, Maestri, et Fickou. Faire travailler ensemble trois avants et deux arrières, on ne peut pas demander plus à un demi de mêlée. Hélas, un succès gâché par le reprise en chœur de Shanana, la chanson d’Intervilles (ne nous demandez pas pourquoi).

 

Verdict. Kockott est à deux doigts d’être capitaine. Fickou se place tout doucement pour une place au centre et Damien Chouly montre qu’il ne sera pas le bouc-émissaire de la troisième ligne.

GIGN

Le meilleur pour la fin, avec le «parcours stress», effectué les yeux bandés au centre de formation du GIGN. Au programme «Escalader, franchir, traverser un vide sanitaire ou des zones polluées de gaz lacrymogènes, dans le fracas des tirs ou le bruit des aboiements d'un chien. Tout ceci pour libérer un otage» explique un responsable à l’Express. «On rigolait à propos du mannequin, et là, ils balancent la (bombe) lacrymo, on se dit que c'est un pétard... Puis on respire, on commence à s'étouffer, ça pique les yeux, explique Sofiane Guitoune. On s'y voit y rester, c'était vraiment très dur, j'ai vomi». Petite nature. Tout le contraire de Ouedraogo, chaudement félicité pour avoir vaincu sa peur du vide en sautant d’un viaduc de 25 mètres de haut.

 

Verdict. Au revoir Guitoune, aussi courageux face aux lacrymos que face aux ailiers anglais à Twickenham. Ouedraogo valide son ticket : important de ne pas avoir le vertige quand on saute en touche.

Nos recalés : Chiocci, Vahaamahina, Goujon, Tillous-Borde, Guitoune