« La force d’Audi aux 24 heures du Mans, c’est la rigueur et le professionnalisme»

INTERVIEW Alexandre Premat, pilote Audi pour les 24 heures du Mans revient sur les forces du constructeur allemand…

Propos recueillis par Jérôme Capton

— 

Alexandre Premat sur le GP de Malaisie en 2005
Alexandre Premat sur le GP de Malaisie en 2005 — Sipa
Alexandre Premat, pilote Audi pour les 24 heures du Mans revient sur les forces du constructeur allemand.

Comment s’est passé votre début de saison chez Audi?
J’étais super heureux de signer chez Audi, c’était une chance, car c’est un constructeur mondialement reconnu. Au départ, c’était pour le DTM car c’est une série qui est vraiment mise en avant. Ensuite quand on m’a parlé d’une place éventuelle au volant d’une Audi R10 lors des 24 heures du Mans j’étais super content. Les tests sur le circuit du Castellet se sont très bien passés et après une attente finalement j’ai été choisi. C’est super de participer à cette aventure.

Comment s’est passé votre apprentissage du circuit lors de la journée d’essais le juin?
C’est ma première participation au Mans, donc j’ai profité de cette journée pour beaucoup apprendre sur la voiture, sur le circuit, à gérer le trafic surtout à de telles vitesses. J’ai également beaucoup appris sur le fonctionnement de l’écurie. La journée s’est bien passée, on finit sixième temps.

Vous pilotez une Audi diesel, quel est le principal changement engendré par ce type de motorisation?
C’est le bruit, ou plutôt l’absence de bruit. Au départ c’est assez bizarre car on n’entend pas le moteur. C’est complètement différent d’une Formule 1, d’une DTM ou d’une GP2. Mais la voiture est vraiment extraordinaire, par exemple quand on arrive à 330km/k et qu’on tape dans les freins, elle ne bouge pas.

Audi a gagné six des sept dernières éditions des 24h du Mans, quel est le secret?
La force d’Audi aux 24 heures du Mans, c’est la rigueur et le professionnalisme. Ils gèrent tout de A à Z, c’est un véritable métronome. Que ce soit, les pilotes, les voitures, les mécaniciens, c’est assez exceptionnel de constater à quel point l’organisation est parfaite.

Au volant d’une Audi, vous ne pouvez pas faire de la figuration.
Non. Si nous ne commettons aucune erreur, le minimum c’est de finir sur le podium. Après, si on gagne ça serait la cerise sur la gâteau, mais au Mans on ne sait jamais ce qui peut arriver de bien…ou de mal. Quand j’étais gamin à Juvisy sur Orge, je regardais les 24 heures du Mans car c’est une course extraordinaire avec des rebondissements, un plateau incroyable… et là j’y suis.

Etes-vous inquiet des performances des Peugeot?
Attention aux Peugeot, car en vitesse pure, ils sont très biens. Après, il y a la fiabilité et on ne sait pas où ils en sont à ce niveau-là. Nous sommes confiants, mais méfiants.

Depuis votre titre de champion d’Ile de France de kart en 1998 jusqu’à la troisième place en GP2, tout semblait fait pour accéder à la F1. Pourtant, cela ne semble pas suffisant.
Etre bon ne suffit pas pour aller en F1, il faut aussi avoir l’image, le marketing, des personnes qui poussent derrière vous. Chez BMW, ils ont trois pilotes allemands, ça veut tout dire. Moi je termine troisième du GP2 et je n’ai jamais fait un test chez Renault. Ils préfèrent prendre des pilotes en fonction de leur marché. Mais bon, c’est le business de la F1, je ne suis pas aigri. La F1 est un milieu de requins, un truc très bizarre et je suis très bien chez Audi.

Vous étiez le coéquipier de Lewis Hamilton l’an passé en GP2, êtes-vous étonné de ses performances?
Je ne suis pas surpris. En début de saison, j’allais aussi vite que lui, mais vers la fin il était plus vite d’un ou deux dixièmes. Lewis savait qu’il allait rejoindre McLaren et moi j’étais encore dans l’incertitude. Il a eu le parcours dont tous les pilotes rêvent. McLaren a tout fait pour qu’il devienne un prodige et c’est ce qu’il est devenu.