Tour de France : Tout ce que vous n’avez jamais osé demander à Laurent Luyat sur «Village Départ»

TÉLÉVISION L'émission culte de France 3 fête ses 10 ans...

Antoine Maes
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Laurent Luyat et ses compères de Village Départ.
Laurent Luyat et ses compères de Village Départ. — France Télé

Village Départ n’est pas l’émission d’avant-Tour. C’est le Tour qui est l’émission d’après Village Départ. Alors que la Grande Boucle s’élance samedi d’Utrecht (Pays-Bas), Laurent Luyat reprend du service pour fêter les dix ans du show le plus dingue de la télé française. Mélange d’Intervilles sous acide et de la Chance aux chansons après trois cubis de rosé, Village Départ est un miracle d’absurdité autant qu'un délicieux frisson de la honte quotidien. L’occasion de demander à l’animateur de cette sucrerie ce qui se cache dans l’arrière-cuisine de ce bijou élevant le malaise au rang d’art. Avec une phrase qui claque déjà comme un slogan : « C’est bien de regarder l’émission après un bon apéro. »

>> DISCLAIMER : Ce n’est pas du second degré, on aime VRAIMENT Village Départ et, d’ailleurs, on vous recommande chaudement le livre Village Départ, 10 ans de fête et d’émotions de Laurent Luyat.

Est-ce qu’il y a des gens qui refusent encore de venir ?

Non, on n’a pas de refus. Il y a peut-être quelques artistes on va dire un peu «chics» qui, peut être, rechignent. Mais enfin, maintenant, tout le monde a compris que cette émission c’est de la bonne humeur, c’est une communion entre le public et nous. C’est ça qui est génial. Même les artistes qui sont souvent surprotégés dans l’année, sur Village Départ, ils se lâchent complètement, ils sont au contact du public, ils font des photos, ils serrent des mains, ils font chanter les gens. Des choses qu’ils ne font finalement jamais dans les autres émissions. Ils se rendent compte du bonheur du public. Et ceux qui se demandaient dans quoi ils allaient mettre les pieds, c’est hyperpopulaire, c’est le Tour de France, etc. Et bah maintenant c’est un plaisir pour eux.



« Village Départ » : Les scènes cultes de l’émission par 20Minutes

Est-ce que vous ou certains des invités êtes saouls avant l’émission ?

Non, non (rires). Généralement on boit après l’émission, il y a toujours un pot après. Il y a du champagne, il y a du vin, il n’y a pas de problème, on n’est pas sous le coup de la loi Evin. On est entre nous. A l’antenne, jamais. On n’est pas sous acide non plus. Mais si on en donne l’impression, c’est parce que c’est notre passion et notre bonheur d’être à l’antenne qui fait que vous pensez qu’on a pris quelque chose avant.

Le Tour de France à l’eau claire ? Jamais.

Est-ce que le public vous a déjà fait peur ?

C’est une bonne question parce que je me dis toujours qu’en dix ans on n’a jamais eu d’incident grave. On n’a jamais eu quelqu’un qui jetait quelque chose. Le public est tellement près, il est avec vous, il fait partie de l’émission. Quand on est à l’étranger, que les gens ne nous connaissent pas, c’est pas la même chose. L’année dernière, on a fait deux émissions en Angleterre, il n’y avait pas grand monde. Quand on arrive au Touquet, là, ça nous a redonné le sourire. Sans le public ce n’est pas pareil, Village Départ. Bon, une fois, un type m’a balancé de l’eau, c’était à Barcelone. C’était des jeunes, pour déconner. On a un service de sécu, qui est assez discret, mais qui est quand même là. En fait il n’y en a pas tellement besoin, c’est un public bon enfant et joyeux.

Quand Philippe Candeloro goûtant une andouillette lâche « Elle est aussi bonne que Clara Morgane », est-ce que vous êtes mal à l’aise une fraction de seconde ou alors vous vous dites que c’est dans l’esprit de l’émission ?

Je ne suis pas gêné parce que je le connais. Candeloro, quand il est sur un plateau, il ne peut pas s’empêcher de dire ce genre de choses. Une fois, je faisais un tirage de Coupe de France. A la mi-temps, il s’est dit qu’il n’avait pas encore sorti d’énormité, un truc de cul. Donc il a passé sa mi-temps à essayer de savoir ce qu’il allait sortir de choquant. En tournant les boules il ne s’est pas gêné. Avec en plus Clara Morgane qui était assez sur ses gardes, assez susceptible. Mais avec un duo Clara Morgane-Philippe Candeloro on savait à quoi s‘attendre, on l’a un peu cherché là. C’est pareil quand on a fait venir Kev Adams et Frank Michael : ce sont des duos tellement improbables que c’est aussi ce qui est rigolo.

Avez-vous déjà eu honte devant une prestation, comme l'imitation du cri du cochon ?

Sur le cri du cochon, mon réalisateur et ami Fred Godard, pour une fois, ne voulait pas répéter la séquence. Il n’était pas chaud du tout là-dessus. Moi, le champion du monde du cri de cochon, ça ne me gêne pas. C’est rigolo, il fait des concours, il a fait des émissions, ça ne me choque pas. Mais c’était trop long. Il y a eu une espèce de sentiment de gêne, avec tout le respect que j’ai pour lui. Le gars depuis tout petit est passionné par ça, il s’est perfectionné, il a fait des concours dans le monde entier. Il n’y a pas à se foutre de sa gueule. Mais deux fois moins longues, ça serait passé tout seul. Et puis Arielle Dombasle avec sa robe d’Ave Maria… Elle était lunaire cette émission : on avait Natasha Saint-Pier et Anggun qui nous parlaient de Sainte-Thérèse de Lisieux. On était dans un autre univers. Et on avait le cri de cochon qui était aux antipodes de nos invités. Mais moi j’aime bien ça.

La fameuse scène du cri du cochon dans Délivrance, de John Boorman.

En vrai, il a un pass à vie pour l’émission Jean-Luc Lahaye ?

Jean-Luc Lahaye ne sera pas là cette année. C’est vrai qu’il était là tous les ans. Jean-Luc, les gens l’aiment bien, chantent avec lui. Sa voix n’a pas changé depuis trente ans. Mais avec ses histoires, on fait un break. Le 12 juillet à Vannes, il y aura un best-of de 28 minutes, et il sera quand même présent avec Femmes que j’aime qu’il a chanté à Arras l’année dernière. Il n’a pas une carte à vie non plus.

Malgré la forte chaleur qui règne sur le plateau, vous donnez l’impression de ne jamais transpirer. Quel est votre secret ?

Quand il fait chaud, j’essaie de mettre des tenues claires, genre chemises blanches. Parce que ça se voit moins quand on transpire. L’an dernier, on a eu quasiment aucune émission où il faisait chaud, voire certaines où il faisait limite froid. Ce qu’il faut éviter ce sont les auréoles sous les bras, à l’antenne c’est assez moche. Il y avait Benabar l’année dernière, le pauvre, il faisait très chaud, c’était à Bourg-en-Bresse je me souviens, il faisait sa chanson, sa chemise était un peu dégoulinante

Est-ce que vous rêvez secrètement d’une critique dithyrambique de Télérama ?

Un papier qui dise « la meilleure émission de l’été »… Disons que je n’en rêve pas des masses parce que je ne m’adresse pas spécialement à Télérama en fait. Patrick Sebastien dit une phrase que je trouve juste : « Il faut faire de la télévision pour les gens qui la regardent. » Je ne vais pas inviter Miossec ou Benjamin Biolay ou Arthur H, ce sont des artistes que je respecte, mais ça ne correspond au public de France 3, de 13h, des vacances. Il faut des tubes, des chansons connues, les gens ont envie de taper dans les mains de chanter. Télérama… Si vous arrivez à convaincre un journaliste de Télérama de faire un papier qui encense l’émission, je vous paie une tournée. En fait, en 2013, on a eu un papier dans L’Obs, et je ne trouvais pas ça honnête. Le gars recensait tout ce qui pour lui était ringard. Il y avait Sébastien Patoche, Patrick Sébastien, Gérard Lenorman… Mais il occulte aussi d’autres invités : Christophe Maé, I Muvrini, Yann Quéffelec, Eric Serra… On a aussi des gens qui sont de tous les univers.

Pour fêter les dix ans de l’émission, est-ce que ça vous démange de monter sur scène et d’interpréter votre tube No sport no stress qu’on aime beaucoup ici ?

C’est une idée que vous me donnez… Il me manquait une variété pour l’émission des dix ans. Est-ce que je peux m’auto-inviter vous pensez ? Le problème c’est que je ne chante pas tellement dans ce morceau. C’est plus du slam. Mais le texte n’a pas vieilli. On me ressort toujours cette casserole. Ça date de 2010, c’était un délire avec des bons potes. Pendant une soirée bien arrosée on s’est dit on va faire un clip qui dénonce les interdits, on peut plus fumer, plus boire, plus rien. Sans se prendre au sérieux et en se moquant de moi-même. Si je chante la chanson, je dirai que ça vient de vous.