Un mercredi à Roland en live!

EN DIRECT Les deux derniers quarts de finale homme sont au programme...

S.A

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Deux belles affiches étaient programmées sur le central. En hors-d'œuvre, l'affrontement emblématique du tennis des deux nations émergentes du nouveau millénaire, entre le Serbe Novak Djokovic et le Russe Igor Andreev. En plat principal, un duel générationnel de deux terriens espagnols, entre le vieux roublard Carlos Moya et le jeune mastodonte Rafael Nadal.



Rafael Nadal - Carlos Moya 6-4/5-3/6-0

Premier set:
C'est parti pour le choc majorquin, entre «Rafa gros bras» et «Carlos vieux os»... Moya l'ancien (31 ans) commence bien et trouve son coup droit d'antan pour prendre son premier jeu. Le vainqueur de Roland'98 agresse son cadet sur son service. Mais il en faut plus pour destabiliser le jeune loup.

Le troisième jeu ressemble à un concours de coups droit. Chaque échange monte d'un ton et Moya sort vainqueur, sans doute galvanisé par son sosie Antonio Banderas arrivant dans les tribunes. Le jeu de service de Nadal est plus paisible. Alors que le vent se lève, Nadal flaire le bon coup et profite de quelques fautes directes de Moya pour breaker. «El viejo» tente de refaire son retard tout de suite, mais foire sa première balle de break. Sans se décourager, il insiste et remet ça, cette fois-ci avec succès.

Problème: Nadal a de la suite dans les idées et surfe sur les amortis un peu pourris de son modèle pour lui refaire le coup du break. En sept jeux, Moya a enquillé 16 fautes directes! C'est peut être la rançon du succès de sa gifle de coup droit qui, quand elle franchit le filet, est splendide. Splendide, mais insuffisante face à la maîtrise de Nadal, qui ne faiblit pas sur son engagement. Le numéro 2 mondial enlève le premier set sur un jeu blanc. 6-4 pour Nadal.

Deuxième set:
Moya ne desespère pas. c'est pas au vieil ibère qu'on apprend à faire la limace. Il repart tambour battant et, une fois son engagment conservé tranquille, se crée une nouvelle occase de breaker le minot. Mais Nadal a la force sereine en lui. Il décoche trois coups de massue successifs et revient à 1-1. L'Espagnol à casquette repart au combat, avec force coups droits, mais celui au bandana réplique avec plus d'opiniâtreté encore. Débordé, Moya s'en remet à la vieille technique de l'amorti, mais ça reste toujours dans le filet. Et Nadal breake again... 2-1

Le quatrième jeu tourne à l'accumulation de revers moyesques dans le filet. Le cinquième à un entraînement de passing nadaliens. Heureusement, le n°26 mondial a encore de la ressource en coup droit et accroche encore quelques belles lignes sauvueuses de meubles. Mais quand Nadal sert, ça tourne à la démonstration. Passing, Ace, coups croisés en cascade... C'est chaud pour Moya, qui tient toutefois son service. C'est chaud aussi pour Banderas aussi, qui a sorti l'éventail dans les gradins. Ay, Ay, que calor... 4-3 pour Nadal

Le huitième jeu est une copie conforme des précédents. Moya essaie bien, mais ses coups droits lui reviennent inexorablement dans la tronche. Et quand il monte au filet, c'est passing dans les pieds. Et on voit pas vraiment comment Nadal pourrait perdre un service aujourd'hui. Et pour couronner le tout, il prend un nouveau break et un nouveau set. 6-3

Troisième set:
Moya, Mo desespoir...L'aîné des majorquins ne tape plus gagnant qu'un coup sur quatre. Le reste du temps, c'est bas du filet ou juge de ligne... Sur son service, c'est encore plus dur. Faux rebonds et lignes malicieuses s'y mettent, mais Carlos a son honneur. A défaut de briller, il se dépouille et retrouve son mental d'il y a huit ans pour arracher son jeu de service. Las, Nadal sans pitié enfonce les espoirs de son mentor et se détache 3-0.

C'est l'hallali pour Moya, face à «Tornado Nadal». Ce dernier lui flingue à nouveau son jeu de service, sans lui laisse prendre un point. Le combat de générations tourne à l'humiliation et le petit morveux se permet même de faire sa moue des mauvais jours quand il rate un coup, sans doute son premier depuis 10 jeux... 4-0

Et pour finir une belle roue de vélo comme Moya a pas du en voir souvent dans sa carrière. Un dernier jeu aussi terrible que symbolique, tant il a vu Moya tout tenter pour éviter le zéro final... et finalement se le manger quand même... 6-0

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Novak Djokovic - Igor Andreev 6-3/6-3/6-3


Premier set:
Andreev semble avoir perdu son coup droit magique. Djokovic est volontaire et sûr de lui. Il prend la direction du jeu et imprime sa cadence aux échanges. Emoussé ou mal réveillé, le Russe laisse filer la première manche 6-3.

Deuxième set:
«Djoko» continue de plus belle et breake d'entrée Andreev. Ce dernier vendange plusieurs balles de break dans le sixième jeu mais ne parvient pas à recoller. Ça tourne au non-match et le jeune Russe ne retrouve son tennis que par intermittence, tentant des montées au filet désordonnées et malvenues. L'espoir serbe la joue pépère, se contentant de jouer long sur le revers d'Andreev, qui flanche une dernière fois sur son engagment et pomme 6-3.

Troisième set:
Bon ben c'est quasiment plié. Andreev à la bouche ouverte en permanence, Djokovic reste impassible comme un monstre de réalisme froid qu'il est. Nouveau break d'emblée et le Serbe creuse l'écart qui suffit, encore et encore. Même quand il cherche à se rebeller, les frappes d'Andreev n'ont pas le même sel que depuis le début du tournoi. Du coup, «Djoko» appuie un poil ses relances et évite ainsi la moindre inquiétude. A 5-3, il sert sans trembler pour le match et conclut son quart en un peu plus de deux heures. Pas franchement intéressant, ce nouveau match déséquilibré et plié d'entrée... à l'image d'un tournoi où les matchs accrochés se comptent sur les doigts d'une main.