XV de France: «Guy Novès sait protéger ses joueurs», raconte Yann Delaigue

RUGBY L'entraîneur du Stade toulousain arrivera à la tête des Bleus après le Mondial...

Propos recueillis par Romain Baheux

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Guy Novès sera le prochain sélectionneur du XV de France.
Guy Novès sera le prochain sélectionneur du XV de France. — REMY GABALDA / AFP

« Vous m’appelez pour Guy Novès, hein ? » Au bout du fil, Yann Delaigue n’est pas vraiment surpris. Officialisée dimanche, l’arrivée à la tête du XV de France de son ancien entraîneur à Toulouse (1997-2004) était pressentie depuis plusieurs jours. L’ancien demi d’ouverture du XV de France raconte le technicien, encore en lice pour un ultime titre de champion avec le Stade toulousain, et les méthodes qu’il appliquera quand il prendra en main les Bleus après le Mondial.

Que vous inspire l’arrivée de Guy Novès à la tête des Bleus après le Mondial ?

C’est un bon choix même si Raphaël Ibanez [l’entraîneur de Bordeaux-Bègles] l’aurait été également. Guy a prouvé sa valeur sur de nombreuses années et c’est important. Il fallait aussi quelqu’un qui gère les rapports entre la Ligue et la Fédération, les relations avec les entraîneurs de club, les médias, la distance avec les joueurs… Il y a beaucoup de gestion et un peu de terrain surtout pour les adjoints. Toute cette gestion, il a les épaules pour le faire surtout qu’il s’est plus investi dans l’aspect politique et médiatique à Toulouse. Ce n’est plus un entraîneur, c’est un manager. Il sait s’entourer de personnes de confiance et de qualité pour s’occuper de la partie sportive.

Cette nomination n’arrive-t-elle pas quatre ans trop tard ?

En 2011, c’est lui qui a refusé, ce n’est pas de la faute de la Fédération française de rugby qui lui avait proposé. Si les deux dernières années ont été moins bonnes, ce n’est certainement pas dû à un homme qui a eu des résultats pendant des années. Il ne s’est pas oublié, il y a eu des aléas, un effectif moins riche… Que ce soit maintenant ou en 2011, ça ne change rien.

Qu’est-ce qu’apporte Guy Novès à ses joueurs ?

On apprend beaucoup de choses avec lui. La première chose, c’est son culte de la gagne. Il l’a, ce qui est bien, mais surtout il parvient à le transmettre à ses hommes. Il vous parle d’un sujet extérieur au rugby, qui vous touche, pour tirer le meilleur de vous. C’est un homme loyal qui sait protéger ses joueurs. Quand vous êtes critiqué parce que vous êtes moins bien sur le terrain, il est là pour vous aider et se mettre en première ligne. C’est quelqu’un qui aime ses hommes. Dans les médias, il a l’image de quelqu’un de froid et de colérique mais quand on le fréquente c’est un mec sympa, qui a souvent le sourire.

Ça sera comment le XV de France version Guy Novès ?

Il va chapeauter le jeu et sera investi mais il va surtout s’occuper des rapports humains et de l’extérieur du terrain. Le vrai défi du jeu sera pour ses entraîneurs-adjoints, Yannick Bru et Jean-Frédéric Dubois. Lui sera vraiment dans ce rôle de manager.

Il a eu des relations parfois compliquées avec la FFR…

Il a toujours eu des relations compliquées avec des gens qui pouvaient nuire à ses résultats positifs. Forcément, c’était alors la Fédération qui lui prenait des joueurs. Quand il sera à la tête du XV de France, ça fonctionnera dans le sens inverse. Il s’est plaint pendant vingt ans qu’il n’avait pas ses hommes alors que son club les payait mais là, il dira que c’est difficile d’avoir des résultats en Bleu car il a trop rarement ses joueurs avec lui. C’est comme ça et ça a été pareil avec Laporte et Saint-André.