Scandale à la Fifa: Le Prince Ali, un challenger irréprochable pour faire tomber Blatter

FOOTBALL L’unique rival du Suisse à l’élection de vendredi a mené une carrière sans tâche au sein de la Fifa...

J.L.

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Ali Bin Hussein, ici en campagne le 3 février 2015.
Ali Bin Hussein, ici en campagne le 3 février 2015. — Matt Dunham/AP/SIPA

Il est jeune, il n’a rien à se reprocher, et il concentre les espoirs de Michel Platini, Diego Maradona, Luis Figo et tous ceux qui espèrent enfin voir Sepp Blatter, président de la Fifa depuis 98 en dépit des innombrables scandales qui secouent l’institution, lâcher son poste vendredi. 20 Minutes vous présente le Prince Ali Hussein, vice-président de la confédération asiatique et membre du comité exécutif depuis 2011.

Il est progressiste

Le prince Ali se présente entre autres comme un fervent partisan du football féminin. « Je suis déterminé à aborder toutes les questions pertinentes afin de veiller à ce que toutes les filles et les femmes puissent jouer ce beau jeu à travers le continent [asiatique] », déclarait-il dès 2011. Et il joint le geste à la parole, en faisant bouger les lignes en interne pour autoriser les joueuses à porter un hijab sur les terrains, une petite révolution pour les pays musulmans. Le Jordanien est également l’un des rares à avoir réclamé la publication intégrale du rapport Garcia à l’automne.

Il n’est pas prophète en son pays

Aidé par les événements, le Prince Ali a rallié à sa cause tous les opposants officiels à et officieux à Blatter. Michel Platini a publiquement assuré jeudi qu’une très grande majorité de fédérations européennes voteraient pour lui et en dresse un portrait élogieux. « Le Prince Ali a la passion du football chevillée au corps et toute la légitimité […] Et ce n’est pas un politicien, il n’a pas besoin de la Fifa pour exister ». Son problème, c’est que sa famille politique ne le soutient pas. Salman bin Ebrahim al Khalifa, le président de la confédération asiatique est un fervent supporteur de "Sepp" Blatter. Et il risque d’entraîner derrière lui quelques-uns des 43 votants.

Il a des moyens illimités

Membre de la famille royale jordanienne, Ali Bin Al-Hussein n’a pas juste remporté le droit de défier Blatter pour ses beaux yeux. S’il a réussi à « éliminer » les autres challengers de la course, Luis Figo et Michael Van Praag, c’est d’abord parce qu’il a gagné la bataille de l’argent. « Il a rendu visite au plus grand nombre de pays et il avait un budget de campagne quasi illimité » écrivait la presse néerlandaise au début du mois. Pour vous donner une idée, la fortune de son frère aîné, le roi de Jordanie Abdallah II, est estimée à plus de 600 millions d’euros. Pas mal.

Il ne traîne pas de casseroles

Le Prince Ali a l’immense avantage d’être neuf dans une instance où on aime bien s’installer jusqu’à ce que mort s’ensuive. Elu membre du comité exécutif en 2011, le fameux comité qui décide de l’attribution des Coupes du monde, le challenger de Blatter n’a pas participé au processus de décision qui a débouché sur les choix de la Russie en 2018 et du Qatar en 2022Approché par un intermédiaire véreux qui lui promettait 47 % des votes assurés en échange d’un gros chèque en début de semaine, il a directement porté plainte auprès des autorités suisses sans faire de cachotteries.

Il battrait Blatter en duel

A priori, Ali Bin Hussein a peu de chances de déboulonner la statue du commandeur de manière démocratique vendredi. Mais il pourrait toujours le défier en duel : le Jordanien, grand fan de lutte-gréco-romaine, est lui-même un lutteur d’exception, champion de l’université de Salisbury, dans le Connecticut, lors de sa scolarité américaine. A côté Sepp Blatter, modeste avant-centre dans sa jeunesse, ne fait pas le poids.

Lui aussi a fait l’armée

Sepp Blatter, pour ceux qui l’ignorent, a vécu plusieurs vies avant d’être président de la Fifa. Il a notamment été colonel dans une unité de ravitaillement de l’armée suisse, avec 3000 hommes sous ses ordres. « C’est là-bas qu’il a appris à être sur ses gardes 24h/24 » explique son biographe dans un papier qui a beaucoup circulé vendredi. Mais Ali Bin Hussein a fait encore mieux. Elevé au grade de général de l’armée jordanienne, il a servi comme chef de la sécurité spéciale du roi, de 1999 à 2008. Ce qui explique en partie pourquoi il ne s’est jamais laissé intimider dans la course à la présidence de la Fifa.