Chuck Blazer en mai 2011.
Chuck Blazer en mai 2011. — Steffen Schmidt/AP/SIPA

FOOTBALL

Qui est Chuck Blazer, la taupe du FBI qui fait trembler la Fifa?

L'ex-homme fort du football américain a contribué à faire tomber plusieurs de ses anciens collègues...

Autrefois l'homme fort du football aux Etats-Unis, l'Américain Chuck Blazer a tourné le dos à la Fifa pour devenir un informateur-clé de la vaste enquête qui menace de mettre les dirigeants du ballon rond à genoux.

L'imposant Chuck Blazer, 70 ans et qui souffrirait d'un cancer du colon, n'est plus la figure incontournable du football qu'il a été depuis qu'il a plaidé coupable, en novembre 2013, d'une longue série d'accusations par la justice américaine: racket, virements frauduleux, blanchiment d'argent, évasion fiscale, et échec à remplir un dossier sur ses comptes à l'étranger (FBAR).

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L'ancien secrétaire général de la Concacaf (Confédération d'Amérique du nord, centrale et Caraïbes) et ancien membre de la commission de la Fifa, deux institutions aujourd'hui dans le collimateur de la justice avec 14 inculpations pour corruption annoncées mercredi, risque jusqu'à 10 ans de prison pour l'accusation du FBAR, et 5 ans pour l'évasion fiscale, selon la justice américaine.

Un micro caché dans un porte-clés

La police américaine a profité de ses ennuis judiciaires, et notamment du défaut de paiement de l'impôt sur le revenu alors qu'il gagnait des millions de dollars lorsqu'il se pavanait encore avec les stars du football, pour le convaincre de coopérer à son enquête.

Selon le New York Daily News, Chuck Blazer serait alors devenu l'indic du FBI et des impôts américains (IRS) pour compromettre le microcosme des décideurs corrompus du football mondial.

Il aurait par exemple dissimulé un petit micro dans un porte-clés pour enregistrer à leur insu «un défilé de figures internationales» du sport le plus populaire au monde.

«La coopération de Blazer a offert aux enquêteurs américains du district est de New York une rare fenêtre sur les coulisses du financement international du football, un monde connu pour sa corruption et ses excès», a ajouté le journal.

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Une issue qui pourrait étonner les plus assidus observateurs de la politique du football, tant l'homme à la barbe grisonnante et fournie a marqué le sport dans son pays, et plus généralement l'entrée de la Fifa dans le «foot-business».

Lors de sa descente aux enfers en 2013, il s'était déjà forgé une solide réputation d'homme qui abusait de son pouvoir pour mener grand train: jets privés, hôtels cinq étoiles et autres vacances généreuses.

Il a été affublé du surnom peu avantageux de «Monsieur 10%», en référence aux pots-de-vin de plus en plus nombreux que, paraît-il, il demandait.

Un appartement pour ses chats

Il aurait ainsi ratissé plus de 21 millions de dollars dans le monde du football, pour la plupart payés sur des comptes offshores, rapportait le site BuzzFeed News l'an dernier.

Il aurait utilisé cette fortune pour s'acheter des propriétés autour du globe, dont, selon certaines sources, un appartement luxueux pour... ses chats.

Son rôle supposé dans la vague d'arrestations de pontes de la Fifa à Zurich, qui n'est «qu'un début» selon le procureur fédéral de Brooklyn, ne donne en revanche pas de réponse sur les ennuis judiciaires dans lesquels il est lui-même englué.