VIDEO. Responsables de la Fifa arrêtés: Le point sur l'affaire

ENQUETE Sept membres de la Fifa ont été arrêtés à Zurich ce mercredi pour une affaire de corruption présumée…

Romain Baheux

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L'interpellation a eu lieu dans un hôtel de Zurich le 27 mai.
L'interpellation a eu lieu dans un hôtel de Zurich le 27 mai. — AFP

Une vague d’interpellations sans précédent dans l’histoire de l’institution. Mercredi matin, six membres de la Fifa ont été arrêtés à deux jours de l’élection de son président pour une affaire de corruption présumée tandis que la justice suisse a révélé l'existence d'une procédure visant l'attribution des Coupes du monde 2018 en Russie et 2022 au Qatar. 20 Minutes fait le point sur l’affaire.

Qui a été interpellé à Zurich?

Sept hauts responsables de la Fifa. La police suisse s’est présentée mercredi matin au luxueux hôtel cinq étoiles du Baur au Lac à Zurich, où sont réunis les dirigeants de l’instance en vue de l’élection de vendredi. Accompagnés des forces de l’ordre, les interpellés ont quitté les lieux par une porte secondaire, dissimulés par des draps tendus par le personnel de l’établissement.

 

Le vice-président de la Fifa Jeffrey Webb, l’ancien président de la fédération brésilienne José Maria Marin, le Costaricien Eduardo Li et l’Uruguayen Eugenio Figueredo figurent parmi ces personnes. L’ancien vice-président de la Fifa Jack Warner, déjà impliqué dans de nombreuses affaires de corruption, est également cité dans l'affaire. En tout, 14 personnes ont été inculpées par la justice américaine. Le président de la fédération Sepp Blatter et son secrétaire général Jérôme Valcke ne sont pas impliqués.

Pourquoi ?

Le New York Times, qui a révélé l’affaire, affirme que ces personnes sont impliquées dans des affaires de corruption portant sur plus de 150 millions de dollars depuis 1991. Les accusations portent notamment sur des attributions de coupes du monde, de droits de marketing et de télévision. Elles visent également des escroqueries par voie électronique, des faits de racket et de blanchiment d’argent. Elles visent essentiellement la Concacaf, l’une des six fédérations régionales de la Fifa en charge de l’Amérique du Nord et centrale.

 

La justice suisse, qui a agi sur demande des autorités américaines, indique « que des représentants des médias sportifs et de sociétés de marketing sportif seraient impliqués dans des versements à de hauts fonctionnaires d’organisations footballistiques (des délégués de la Fifa et d’autres personnes appartenant à des organisations affiliées à la Fifa) en échange de droits médiatiques et des droits de marketing de compétitions organisées aux Etats-Unis et en Amérique du Sud ».

En parallèle, le parquet suisse a révélé l'existence d'une procédure pénale contre X pour soupçon « de blanchiment d’argent et gestion déloyale » entourant les attributions des Coupes du monde de football de 2018 en Russie et 2022 au Qatar et a saisi des documents électroniques au siège de la Fifa à Zurich.

Qu'en dit la Fifa?

Le directeur de la communication de la Fifa Walter De Gregorio a tenue une conférence de presse en fin de matinée au siège de l'instance à Zurich. «La Fifa est victime dans cette affaire», a-t-il martelé tout en répétant la non-implication de Sepp Blatter dans l'affaire. «Il est très calme, il voit ce qui se passe, il coopère avec tout le monde», souligne De Gregorio. L'institution entend montrer que cette affaire ne la perturbe pas outre-mesure. L'élection du président n'est pas reportée et un retour en arrière sur l'attribution des Mondiaux 2018 et 2022 n'est pas à l'ordre du jour.

Mais que viennent faire les Etats-Unis là-dedans ?

Les dessous-de-table auraient été négociées aux Etats-Unis et de l’argent aurait transité par plusieurs banques américaines. En tout, quatorze personnes, neuf élus de la Fifa et cinq de ses fonctionnaires, ont été inculpés tandis que la justice américaine a demandé l'extradition des sept interpellés de Zurich.

Outre-Atlantique, le dossier est suivi de près depuis plusieurs années. Selon le Wall Street Journal, le FBI travaille depuis 2011 en collaboration avec Chuck Blazer, ex-cadre de la fédération. Visé par une enquête pour évasion fiscale, l’Américain a transmis au FBI des enregistrements de plusieurs conversations avec des officiels de la Fifa. Des renseignements qui ont mené au coup de filet du Baur au Lac.