Au PSG, «les filles sont le seul espoir d’avoir un trophée européen», rappelle Jessica Houara-d'Hommeaux

FOOTBALL FÉMININ Après avoir sorti Lyon, Glasgow et Wolfsbourg, le PSG affrontera Francfort en finale de Ligue des champions, jeudi à 18 heures...

Propos recueillis par Guilhem Richaud

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Jessica Houara-d'Hommeaux est au PSG depuis 2009.
Jessica Houara-d'Hommeaux est au PSG depuis 2009. — ALAIN COUDERT/SPORTVISION/SIPA

Les garçons en rêvaient, mais ce sont les filles qui y sont. Jeudi, l'équipe féminine du PSG jouera à Berlin la première finale de Ligue des champions de son histoire. Après avoir éliminé Lyon et Wolfsbourg, les Parisiennes vont devoir créer l'exploit contre Francfort, si elles veulent l'emporter. Jessica Houara-d'Hommeaux, 27 ans, au club depuis six ans, mesure le chemin parcouru depuis l'arrivée des Qataris à la tête du club.

Quand vous êtes arrivées au PSG en 2009, vous imaginiez un jour jouer une finale de Ligue des champions ?
Pas du tout. Il y a six ans, certes il y avait un beau projet, mais on était loin d’être professionnelles. On travaillait et on s’entraînait le soir. On était loin d’avoir les conditions rêvées pour jouer à ce niveau.

Votre vie a totalement changé?
Avant, j’étais secrétaire médicale. Je travaillais 35 heures, j’allais à l’entraînement le soir et je jouais les matchs le week-end. Pour la vie personnelle, c’était compliqué. Depuis qu’on est professionnelles, on ne pense qu'au foot. La récupération est meilleure. Et pour la vie familiale, c'est plus facile. J’ai davantage de temps pour moi et pour mon mari. Sportivement, on est désormais rattaché à la section professionnelle. Avant on partageait le Camp des Loges avec les jeunes de la section amateur. Au-delà de ça, on a un centre d’entraînement rien que pour nous, à Bougival, avec une pelouse magnifique. On a une salle de musculation et un centre médical dédié, avec un kiné et un médecin à plein-temps. Avant, on travaillait avec les kinés du centre de formation, pas toujours disponibles. Dès l’instant où on nous a proposé à toutes un contrat professionnel, il y a trois ans, on a compris que tout allait changer. Les Qataris étaient arrivés un an avant. On sentait déjà un petit engouement de la part du club, mais pas encore à ce point. Quand ils ont professionnalisé la section, on s’est rendu compte qu’on allait faire de belles choses.

Le club est à 100 % derrière vous?
Contre Wolfsbourg, en demi-finale, il y avait Jean-Claude Blanc et Nasser Al-Khelaïfi dans les tribunes. Ils savent que cette saison, c’est le seul espoir d’avoir un trophée européen.

Après Wolfsbourg en demi-finale, vous jouez Francfort en finale. L’Allemagne est-elle toujours la référence du football féminin, où la France est passée devant?
On est encore loin d’elles. L’Allemagne c’est énormément de titres, avec beaucoup d’équipes différentes. En France, on n'a rien prouvé. Il va falloir du temps pour arriver à leur niveau, que ce soit avec les clubs, ou avec la sélection.

Outre-Rhin, il y a un fort engouement du public pour le football féminin. Qu’est ce qu’il faudrait en France pour s’en approcher?
Gagner des titres. Quand on va à Lyon, il y a au moins 10.000 personnes dans les tribunes. C’est parce qu’elles ont déjà beaucoup gagné. Si avec le PSG on veut arriver à ça, il faut remplir notre palmarès.

Vous avez joué un match au Parc des Princes cette saison. Ça vous fait rêver?
Forcément. Avec l’équipe de France, j’ai la chance de jouer devant plus de 12.000 personnes régulièrement. Ça porte. En demi-finale retour de Ligue des champions, il y avait 11.000 personnes à Charléty. Quand on a le ballon, on se sent poussé. J’espère qu’avec Paris on va arriver à attirer autant de public toutes les semaines.