VIDEO. Barça-PSG: En immersion dans la tête d'un supporter parisien

FOOTBALL Le PSG doit accomplir un miracle pour sortir Barcelone...

Romain Baheux

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Le moral des supporters parisiensentre les deux matchs contre le Barça.
Le moral des supporters parisiensentre les deux matchs contre le Barça. — Capture d'écran 20 Minutes/DR

Le cerveau humain a des capacités exceptionnelles. Il détient le pouvoir de persuader des milliers de personnes que le PSG peut accomplir un miracle en sortant le Barça mardi au Camp Nou malgré la défaite à l'aller au Parc des Princes (1-3). Mais comment est-ce possible? Pour comprendre le phénomène, la rédaction de 20 Minutes a passé une semaine dans la tête d'un supporter parisien. Prends ça Dominick Cobb. 

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Etat 1: Jeudi, la gueule de bois

Le réveil est affreux. Sur la route du boulot, les actions tournent en boucle dans la tête de notre supporter. Les mauvais souvenirs se rangent en deux catégories: l’horreur et les petits ponts pris par David Luiz (Deux? Quatre? Quarante-six? Il ne sait plus, il ne sait pas, il ne veut pas savoir) et la haine à chaque contrôle manqué d’Edinson Cavani. En pleine fabrication de poupée vaudou de l’Uruguayen, notre fan est interrompu par un collègue qui lui lance un «alors ce match, c’est mal barré hein?». Oui, comme lui affirment les statistiques, consultées à douze reprises en une demi-heure dès son arrivée au bureau. La journée est définitivement pourrie.

Chanson du jour: «Et maintenant», Gilbert Bécaud, car «même Paris crève d’ennui»

Etat 2: Vendredi, la colère

Est-ce vraiment arrivé? Comment ce club, son club, a-t-il pu se faire taper de la sorte? Tout en effectuant des recherches sur les hallucinations collectives, notre supporter se dit que l’argument des absents, répétés avant, pendant et après le match n’est pas de «mauvaise foi» comme lui a pourtant claqué au nez son frère, appelé la veille pour l’anniversaire du petit. La douleur est encore là et les moqueries passent de plus en plus mal, surtout venant de personnes dont le club occupe la deuxième partie de tableau de la Ligue 1. La défaite de l’OM contre Nantes et la perspective du déplacement du PSG à Nice le lendemain lui réchauffent quand même le cœur. Tout comme cette petite vidéo du FC Metz, vainqueur au Camp Nou 4-1 en 1984. Complètement irréaliste, ça n’est plus le même football...

Chanson du jour: «Quoi ma gueule» de Johnny Hallyday, car ce n'est pas un jour à l'embêter

Etat 3: Samedi, Pastore rallume la flamme

La valeur PSG remonte à la hausse à la bourse du football avec la victoire contre Nice. Devant sa télé, le supporter parisien jubile devant les inspirations de SON Javier Pastore et se réjouit du renouveau de Salvatore Sirigu. 3-1, c’est pile le score qu’il faudrait pour emmener le Barça en prolongation mardi. Si, c’est un signe, hurle-t-il à la face de ses amis venus dîner à la maison le soir même (avocats-crevettes en entrée, ris de veau-poêlée de légumes en plat). Après le départ des rabat-joie, notre supporter se rue sur Internet pour regarder les failles de Ter Stegen sur penalty en prévision, sait-on jamais, d’une séance de tirs au but.

Chanson du jour: «No tengo dinero» de Beenzo, pour Javier Pastore éblouissant dans le clip

Etat 4: Dimanche, le Camp Nou et vite

«S’ils ont pu le faire chez nous à l’aller, pourquoi on ne le ferait pas chez eux au retour?». La mauvaise foi et la logique de comptoir de Serge Aurier, interviewé dans «Téléfoot», enchantent notre fan. Il a vu Valence perturber le Barça en le pressant haut, pile-poil ce que vont faire ses Parisiens au Camp Nou. OK, les Valencians ont perdu mais ils ne sont que l’ombre du PSG renforcé par le retour de Zlatan Ibrahimovic et Marco Verratti. Ça serait un exploit, un miracle mais il imagine déjà la gueule de la scène dans le livre d’or de la saison. Le nul de Lyon contre Saint-Etienne (2-2) parachève le tableau, tout comme le combo bière-saucisson sec-pizza forestière savouré devant le match.

Chanson du jour: «I believe I can fly» de R. Kelly, car tout est possible

Etat 5: Lundi, les ennuis reviennent

Début de semaine compliqué. L’enthousiasme de la veille est douché et par les remarques acerbes de son boss sur 1. Sa mine fatiguée, 2. Les-jours-de-conges-que-vous-allez-perdre-si-vous-ne-le-prenez-pas-ça-sera-pas-faute-de-vous-l’avoir-dit et 3. La perspective de voir Gregory Van der Wiel titulaire avec le forfait de Thiago Silva. Ça (les dribbles de Neymar) tracasse notre supporter qui n’avait pas du tout inclus le Néerlandais dans ses plans de «remontada». La vue de Laurent Blanc et de Javier Pastore le réconforte à J-1 du choc, qu’il refuse de regarder chez le même ami que la saison précédente. Question de superstition.

Chanson du jour: «If tomorrow never comes» de Ronan Keating, tant la nuit lui paraît longue

Etat 6: Mardi, en route pour l'exploit

D. Day. La journée s’annonce interminable. Dans la tête du fan du PSG s’élabore un plan machiavélique, à base de fausse alerte à la bombe, pour rentrer plus rapidement se mettre en mode Ligue des champions. Après mûre réflexion, il décide de passer son temps de travail à chauffer ses potes sur Facebook tout en écoutant «Oh ville lumière» en boucle dans son casque. Le boulot attendra, hors de question de se fatiguer avant l’exploit.

Chanson du jour: «Eye of the tiger» de Survivor, histoire de bien se chauffer