VIDEO. Barcelone-PSG: Trois conseils à Laurent Blanc pour motiver Ibrahimovic

FOOTBALL L’entraîneur du PSG va devoir trouver les bons moments pour convaincre son groupe que l’exploit est possible…

B.V, G.R. et A.M.

— 

Laurent Blanc, l'entraîneur du PSG, le 15 avril 2015, contre le FC Barcelone.
Laurent Blanc, l'entraîneur du PSG, le 15 avril 2015, contre le FC Barcelone. — FRANCK FIFE / AFP

Les poils qui se hérissent. Les mots qui remuent le ventre. La bave qui remonte aux coins des lèvres. Alors que le PSG est condamné à l’exploit à Barcelone, mardi, en quart de finale retour de la Ligue des champions, on a tous très envie que la causerie d’avant-match transcende les joueurs de Laurent Blanc. Voici quelques tuyaux pour que le coach parisien fasse aussi bien qu’Al Pacino dans l’Enfer du Dimanche.

Le conseil du collègue: «Plus le match est important, moins il y a besoin de parler motivation»

Par Frédéric Antonetti, ancien entraîneur de Bastia, Saint-Etienne et Rennes

«C'est un moment important. Mais les joueurs, quand ils sont pros, ils savent: ce n'est que le résumé de la semaine. Les choses à mettre en place, on a déjà tout travaillé sur le terrain. Ils n'arrivent pas à la causerie en ne sachant pas déjà ce qu'ils devront faire. Après il y a la partie motivation. On ne devrait pas en avoir besoin... Mais plus le match est important, moins il y a besoin de parler motivation. C'est peut-être pour ça que ce sont des joueurs de très haut niveau d'ailleurs. A ce moment-là, les joueurs boivent vos paroles, ils sont beaucoup plus concentrés que dans les matchs ordinaires. Après, il faut varier, essayer de condenser, que ce ne soit pas trop long, mais tout change selon les joueurs que vous avez. Maintenant certains font des causeries vidéos. Moi je suis resté très simple: des vidéos de l'adversaire et ce qu'on fait bien nous. Après, il faut varier, essayer de condenser, que ce ne soit pas trop long, mais tout change selon les joueurs que vous avez. Moi je le faisais en général deux heures avant le match, et je passais entre 1h30 et 2h à l'écrire. D'ailleurs j'ai tout gardé. Transcender les joueurs, il y en a qui y arrive: il faut trouver un chemin, vous pouvez parler de la vie personnelle, on n'est pas obligé de parler de foot. Laurent Blanc a un vécu de joueur, c'est lui qui connaît le mieux son groupe, moi je pense qu'il va surtout parler tactique.»

Le conseil du rugbyman: «Faire appel au cœur, aux tripes, voire même un peu plus bas»

Par Eric Mercadier, entraîneur de Castelnaudary (Fédérale 3 de rugby), célèbre pour ses vidéos de motivation sur internet

«Je ne prépare jamais mes causeries. C’est l’état des mecs, leur sensibilité du moment qui fait qu’on va trouver les mots pour les toucher au plus profond. Je crois que je leur demanderai d’enlever le miroir, d’arrêter de se regarder le nombril et de baisser les chaussettes. Il faut se donner, s’engager un peu plus. Et pas que pour eux: pour le club, pour les copains, pour les supporters. L’importance du match et la médiatisation vont faire qu’il y aura une telle émotion… Je serai entraîneur, j’irai chercher en mes joueurs un peu d’amour-propre pour ne pas prendre une tôle, avant même de penser à la victoire qui semble compliquée. Il faut ressortir la tête haute. C’est bien beau de faire le show devant Caen ou Metz mais avec l’argent qu’ils prennent il faut qu’ils s’y mettent face à un gros. Je mettrais les grosses stars devant leurs responsabilités. Messi il marque quand il faut, toi j’aimerai te voir quand il faut. Bien sûr si tu lui dis ça Zlatan risque de s’énerver, je ne sais pas si lui ou les autres seraient capables d’entendre ça. Sans doute que Blanc aimerait bien leur parler comme ça, mais il faut aimer ses joueurs et qu’ils vous aiment pour se le permettre. C’est pas tactique, c’est pas technique, c’est le cœur, les tripes voire un peu plus bas. Il faut s’enlever la peur, être presque dans un état second, prêt à combattre.»

Le conseil du petit poucet: «Je ne mentirais pas aux joueurs»

Par Denis Renaud, coach de Carquefou (CFA) en 2008, qui bat l’OM en ¼ de finale de Coupe de France

«J’attache une grande importance à la causerie, prévient-il. On dit souvent qu’un joueur n’a pas besoin d’être motivé pour jouer un grand match. Mais je crois que l’entraîneur à un rôle de psychologue. J’avais laissé les gens qui pensaient que c’était perdu d’avance parler autour de nous. Ensuite, j’ai bien rappelé à nos joueurs que pas grand monde ne croyait en eux, pour les piquer. Pas grand monde, sauf les 40000 supporters qui avaient fait le déplacement dans une Beaujoire (Nantes) pleine à craquer. J’ai rappelé à l’équipe qu’elle jouait aussi pour les supporters. Qu’elle devait se servir du public pour être encore plus forte. J’avais passé un extrait de la victoire de Yannick Noah en 1983 à Roland-Garros. Ils ont pu voir comment il puisait sa force dans les échanges qu’il avait avec ses fans. A la place de Laurent Blanc, je ne mentirai pas aux joueurs. Oui ça va être très difficile. Mais il faut qu’ils s’accrochent aux 10 % des chances qu’ils ont de se qualifier. Il faudrait fixer des objectifs chronologiques auxquels ils pourront se référer pendant la partie. Par exemple se dire qu’il faudrait être à 1-0 à la mi-temps.»

Pour le fun, le discours le plus dingue que vous trouverez sur le net: