Ligue des champions: Ce PSG version Qatar est-il entré dans le coeur des Français?

FOOTBALL Le match immense réalisé par les Parisiens à Stamford Bridge est de ceux dont on se souvient...

Nicolas Camus

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La joie des Parisiens au coup de sifflet final scellant leur qualification sur la pelouse de Chelsea (2-2 ap), le 11 mars 2015.
La joie des Parisiens au coup de sifflet final scellant leur qualification sur la pelouse de Chelsea (2-2 ap), le 11 mars 2015. — Matt Dunham/AP/SIPA

Ce n’était peut-être qu’un 8e de finale, mais ce Chelsea-PSG et son scénario complètement fou resteront dans les mémoires parisiennes. La palette d’émotions offerte par cette rencontre, stupéfiante lorsqu’Ibrahimovic a été expulsé, énervante quand Costa s’est mis à râler et mettre des coups, mais tellement jouissive au moment du coup de boule victorieux de Thiago Silva, au bout des prolongations, alors qu’on n’y croyait plus, est de celle qui marque les supporters. Du club, bien sûr, mais peut-être aussi dans un rayon beaucoup plus large.

En matière d'épopée qui fait vibrer la France, Pierre Repellini s'y connaît. Pour l'ancien Stéphanois, présent à Glasgow en 1976, ce qu'a fait le PSG est à mettre en bonne place dans le panthéon du foot français en coupe d'Europe. «Vu les conditions, c'est un exploit. Surtout en Angleterre. C'est tellement dur de jouer là-bas..., souffle-t-il. Au niveau de l'émotion, c'était fabuleux. Qu'on soit supporter ou pas.»

 

 

Ce PSG version Qatar, que beaucoup aiment détester au moins autant qu'il est riche et puissant, a peut-être fait basculer l'opinion. Ou du moins s'est rendu un peu plus sympathique. «Ils avaient aussi fait de grands matchs en poule, contre le Barça par exemple, mais c’est sûr que faire ça en match à élimination directe ça a une saveur particulière», estime Patrick Colleter.

L'ancien défenseur du PSG a connu les mythiques joutes européennes du club au début des années 1990, et sait le poids que ce genre de match peut avoir. «Ça me fait penser à notre confrontation avec le Real. On perd 3-1 là-bas, au retour le scénario est fou et on finit par passer [4-1]. C’est vieux maintenant, mais on m’en parle encore, les gens s’en souviennent très bien. C’est resté le gros match de notre génération.» Celui de Stamford Bridge sera-t-il celui de celle emmenée par Thiago Silva? «Pour l'instant oui, clairement, répond Colleter. En attendant les tours suivants, parce qu’on espère qu’ils vont en faire d’autres et aller au bout maintenant.»

«Pour marquer l’histoire des clubs français en Europe, il faut au moins un dernier carré»

Pour Pierre Repellini, c'est même une condition indispensable. «Pour marquer l’histoire des clubs français en Europe, il faut aller plus loin. Il faut au moins un dernier carré. Avec ce qu’ils ont montré, ils ont le potentiel et les qualités pour y parvenir. Ensuite pour aller au bout, c’est aussi une question de chance.» Venant de la part de quelqu'un qui a connu le traumatisme des poteaux carrés, on ne discutera pas sur ce point.