Dopage dans le cyclisme: Lance Armstrong a bien bénéficié d’un «traitement de faveur» de l’UCI

CYCLISME Un rapport estime que l'Union cycliste internationale, désireuse de faire renaitre le cyclisme après l'affaire Festina, aurait accordé pendant des années un traitement de faveur au coureur américain...

M.C. avec AFP

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Lance Armstrong, déjà poursuivi en justice par une société d'assurances et un journal depuis ses aveux de dopage, se trouve maintenant entraîné par le gouvernement américain dans un processus judiciaire qui pourrait lui coûter sa fortune, jusqu'à 90 millions de dollars.
Lance Armstrong, déjà poursuivi en justice par une société d'assurances et un journal depuis ses aveux de dopage, se trouve maintenant entraîné par le gouvernement américain dans un processus judiciaire qui pourrait lui coûter sa fortune, jusqu'à 90 millions de dollars. — Frederic J. Brown AFP

Pas de corruption mais un «traitement de faveur» à l'égard de Lance Armstrong. L'Union cycliste internationale (UCI) «ne savait pas faire la différence entre le héros Armstrong, le septuple vainqueur du Tour de France survivant du cancer et modèle pour des milliers de fans, et le coureur Armstrong, doté des mêmes droits et obligations que tout autre cycliste professionnel», dit en somme un rapport publié lundi.

Le document de 227 pages, rédigé par une commission indépendante, conclut que l'UCI n'est pas coupable de corruption mais que ses anciens dirigeants ont accordé «un traitement préférentiel» au coureur américain.

«Echange tacite de faveurs»

«Il y avait un échange tacite de faveurs entre les dirigeants de l'UCI et Lance Armstrong et ils ont présenté un front commun contre quiconque oserait l'attaquer», explique le rapport de cette commission qui a travaillé durant treize mois.

«L'UCI l'a vu comme le choix idéal pour la renaissance de ce sport après la scandale Festina (du Tour 1998)», estime la CIRC. Tant par sa nationalité américaine qui «a ouvert un nouveau continent pour le cyclisme» que par son statut de survivant du cancer qui lui a permis de devenir rapidement «une star mondiale».

L'Américain a bénéficié pendant des années d'un traitement de faveur

Les trois enquêteurs établissent aussi qu'à plusieurs reprises, l'UCI n'a pas respecté ses propres règles. Entre autres sur les certificats médicaux établis a posteriori pour justifier l'utilisation de corticoïdes, pour le Français Laurent Brochard lors de son titre mondial en 1997 et pour Armstrong dans le Tour 1999.

Il reste que le Texan, écarté du sport de compétition en 2012 après sa suspension par l'agence antidopage américaine (Usada), a bénéficié des années durant d'un traitement de faveur de la part de la fédération internationale. Par exemple, la possibilité de recourir en 2009 dès le Tour Down Under en Australie avec quelques jours d'avance par rapport au règlement.