PSG: Société secrète ou think-tank, qui sont les membres du club «Les 300»?

FOOTBALL Discrets mais influents, ces supporters du PSG ont constitué un club très fermé…

Antoine Maes

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Des supporters du PSG en tribunes pour la réception du FC Barcelone en Ligue des champions, le 30 septembre 2014 au Parc des Princes
Des supporters du PSG en tribunes pour la réception du FC Barcelone en Ligue des champions, le 30 septembre 2014 au Parc des Princes — Franck Fife AFP

Amateur de sociétés secrètes et des unes d'hebdomadaires dédiées à la franc-maçonnerie, cette histoire vous intéresse. Surtout si vous aimez le foot. Pourquoi? Parce qu'un groupe ultra-select de supporters du PSG, actif sur Facebook dans un groupe totalement invisible par le grand public commence tout doucement à faire parler de lui. Ils sont pubards, avocats ou directeurs de clientèle et se sont eux-mêmes baptisés «Les 300». «Ça fait référence au film et au côté spartiate que nous revendiquons dans notre passion», s'amuse Jonathan Candan, surnommé «le Coach» et patron du groupe. 

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Evidemment, on exagère leur influence. «Les 300» (pas un de plus, pas un de moins) ne se réunissent pas la nuit dans des ruelles sombres de la capitale pour définir en secret la politique du PSG. La plupart du temps, ils passent leur temps sur la page Facebook de leur groupe à commenter l'actualité de leur club. «C'est très drôle, dans un esprit assez So Foot», reprend Jonathan Candan. «C'est une petite famille qui se forme au fur et à mesure. On a décidé d'être un groupe limité en nombre pour qu'il n'y ait pas de dérive. Et ça nous arrive de passer des heures à rediscuter des matchs, de la technique, de la stratégie, parce qu'on a tous un petit côté Football Manager», ajoute Matthieu Watremez, membre de la communauté et directeur digital d'un cabinet de chasseur de têtes.

«On a des relations avec le club, mais on n’a pas encore réussi à construire quelque chose de pérenne»

N'empêche, depuis la dissolution de toutes les associations de supporters du club, ils sont peut être le seul groupe à discuter avec le PSG et sa direction. Au moins indirectement. Jonathan Candan ne confirme pas son rendez-vous prochainement avec Nasser Al-Khelaïfi («C’était hier. Non je rigole. Presque.»). Il reconnaît néanmoins que son groupe «entoure pas mal le club par plein de biais», notamment grâce à leurs boulots respectifs. Et leur cheval de bataille, c'est l'ambiance au Parc des Princes, sujet dont se préoccupe attentivement la direction du club ces derniers mois: «Pour nous, un stade doit rester vivant, on n’a pas envie de le voir comme une salle de cinéma. C’est le seul sujet qu’on aimerait aborder -ou qu’on aborde indirectement- avec le club. Il nous connaît. On a des relations avec le club, mais on n’a pas encore réussi à construire quelque chose de pérenne, parce que les sujets sont un peu compliqués», explique Jonathan Candan, volontairement énigmatique.

On n’en saura pas beaucoup plus sur les liens réels ou fantasmés qui unissent «Les 300» aux Qataris. Jonathan Candan reconnaît «qu'il y a des influenceurs, mais il y a de tout. Ils représentent 20% ou 30%» du total du groupe. Ce qui est déjà pas mal, vu les conditions drastiques d'admission dans le groupe. Pour faire partie de ces «ultras-bobos» comme les surnomment parfois des groupes de supporters plus traditionnels, c'est un vrai parcours du combattant: cooptation, entretien d'embauche et période d'essai. «C’est drastique, reconnaît Candan. Il faut de la présence, de la motivation, de l’implication. On a 20 commandements qui régissent la communauté. Ils sont écrits noir sur blanc, et le mec doit certifier qu’il les accepte».

Les règles du Fight-Club. - DR

Mieux vaut les suivre à la lettre, sous peine d'exclusion. D'ailleurs, la liste d'attente est longue pour entrer dans ce que Matthieu Watremez qualifie de «groupe de potes plutôt que de secte». Il y a un petit côté Fight club chez «Les 300»: «Il ne se passe pas un jour sans que je reconnaisse quelqu'un dans la rue», reprend Jonathan Candan. Au final, le réseau des membres peut aussi être utile au-delà du PSG. «On a un groupe Linkedin par exemple. Et ça m'arrive d'aider certains membres à faire le CV, souligne Matthieu Watremez. C'est sûr, on a tous un réseau intéressant, donc si on peut en faire profiter... Il y a un côté fraternité». Pour Jonathan Candan, «il y a des recruteurs. Il y a des mecs en galère. "T’as pas un contact dans telle boîte? Et tu connais pas untel?". C’est devenu un club fermé avec une passion qui est le PSG». Ni plus ni moins.