JO 2024: Quels sont les obstacles à la victoire parisienne?

OLYMPISME Alors que la candidature ne fait plus guère de doutes…

Julien Laloye

— 

Anne Hidalgo, le 12 février 2015 à Paris.
Anne Hidalgo, le 12 février 2015 à Paris. — Francois Mori/AP/SIPA

Rien n’est jamais définitif, mais si Anne Hidalgo n’a pas toujours manifesté un enthousiasme délirant pour le projet olympique, la Maire de Paris a fini par se faire à l'idée: il y aura bien une candidature parisienne aux JO 2024, laquelle a jusqu’à septembre pour être officialisée. Le rapport de faisabilité du mouvement sportif a permis de défricher un terrain encore semé d’embûches avant une éventuelle victoire à l’été 2017. 20 Minutes fait le compte des conditions à remplir pour ne pas vivre une nouvelle désillusion, comme en 1992, 2008, et 2012.

Savoir susciter l’adhésion populaire

Si les derniers sondages d’opinion semblent aller dans le bon sens - 73% de Français favorables selon la dernière étude menée par le CSA début février - Paris 2024 veut trouver sa légitimité dans la volonté populaire. C’est la fameuse idée d’un téléthon olympique, avancée par Denis Masseglia, président du CNOSF. «On veut initier une large campagne de financement participatif qui sera le meilleur sondage d’opinion qu’on puisse présenter au CIO. On se pose la question de ce qui sera le plus performant, car personne ne l’a jamais fait avant».

L’objectif? Récolter une partie des 60 millions d’euros nécessaires à la candidature. Le jeu est à quitte à double: si les dons n’affluent pas, le signal envoyé ne réjouira personne, surtout pas le CIO. Selon le président du CNOSF, 42% des Français seraient prêts à apporter leur contribution.

Maîtriser les coûts

Bernard Lapasset, dans sa présentation du projet pour Paris 2024, s’est attaché à démontrer que l’organisation des Jeux ne ruine pas un pays pour mille ans. «Il y a un engagement très fort de la part du CIO, qui versera 1,8 milliard pour couvrir le budget d’organisation. C’est sans précédent».

Resteraient environ 4 milliards à trouver entre les pouvoir publics et le secteur privé pour financer, notamment, un village olympique «qui s’intégrerait dans les besoins territoriaux de l’Ile de France», probablement dans le 93, près du Stade de France. Les infrastructures existantes (Roland-Garros, le Parc des Princes, l’Arena de Bercy, mais aussi les nouveaux modes de transports inclus dans le projet du Grand Paris) doivent permettre de limiter les coûts, à condition de respecter l’ardoise de départ: les JO de Londres, initialement budgétés à 7 milliards d’euros, avaient en fait dépassé les 14 milliards.

Trouver un lobbyste de talent

Anne Hidalgo en a fait une condition indispensable pour y aller: elle ne veut pas se retrouver, comme Bertrand Delanoë en son temps, à incarner la candidature parisienne aux JO 2024, mais «mettre en première ligne le mouvement sportif». Bernard Lapasset, quand il ne sera plus occupé par ses fonctions de président de l’IRB après la Coupe du monde de rugby, a tout pour être le Sebastian Coe français, même si Tony Estanguet, qui pourrait l’accompagner, réfute le besoin «d’un homme providentiel pour mener un projet».

L’intérêt est évident: il s’agit d’avoir un interlocuteur qualifié pour «Partager, échanger, discuter en transparence avec la CIO, explique Bernard Lapasset. Tirons les leçons du passé. Il faut donner confiance aux membres du CIO pour qu’ils aient envie, à la fin, de voter pour Paris».  

Affronter la concurrence

Tout a déjà été dit sur la responsabilité de l’arrogance française, qu’elle soit fantasmée ou pas, dans la défaite de 2012. En 2024, Paris ne sera pas seul, loin de là. Rien qu’en Europe, Rome a déjà annoncé sa candidature, et l’Allemagne doit encore choisir entre Hambourg et Berlin.

La logique de l’alternance des continents, quant à elle, donne a priori peu de chances à une ville européenne face à Boston, alors que les Etats-Unis n’ont plus obtenu les Jeux depuis 1996. «La concurrence sera forte, notamment côté américain, mais d’expérience, la candidature américaine n’a pas toujours brillé dans le passé, relativise Estanguet. On a des atouts pour rivaliser».