JO 2024, AS Monaco, Séville 82: Quand François Hollande parle de sa passion pour le sport

SPORT ET POLITIQUE Le chef d'Etat s'est confié au magazine Desport sur les grands évènements sportis à venir en France, mais aussi son intérêt plus personnel pour le football....

Julien Laloye

— 

François Hollande, le 22 novembre 2014 à Lille pour la finale de la Coupe Davis.
François Hollande, le 22 novembre 2014 à Lille pour la finale de la Coupe Davis. — VANSTEENKISTE STEPHANE/SIPA

Deux heures en tête à tête à l’Elysée, pour évoquer Rouen, Daniel Horlaville, Monaco, Glenn Hoddle, ou France 98. Enfin plutôt trio à tête. Adrien Bosc, directeur de la publication du magazine Desports, a pu parler sport avec François Hollande, accompagné de Victor Robert et de Denis Chambaz, les rédacteurs en chef d’une revue décalée, associant sport et littérature. Le rendez-vous a eu lieu fin novembre, quelques jours après une défaite douloureuse pour l’ego de la nation en finale de la Coupe Davis. L’affaire de quatre mois de négociation à peine. «On connaissait la passion du président de la République pour le sport. Lui voulait du temps pour en parler correctement». Leçons d’un entretien qui sortira en kiosques jeudi.

François Hollande et les grands événements sportifs

Le chef de l’Etat se confie à ses interlocuteurs sur une dizaine de pages, dans lesquelles il ne manque pas d’envoyer assez directement plusieurs messages politiques. «Il a beaucoup parlé du parcours de la France l’été dernier à la Coupe du monde et de l’enthousiasme collectif que cela a pu créer dans le pays, explique Adrien Bosc. Il réitère notamment son soutien à la candidature de Paris aux JO 2024, malgré les échecs précédents.»

François Hollande revient aussi sur la polémique liée à la défiscalisation exigée par l’Uefa pour obtenir l’organisation de l’Euro 2016. «Il a beaucoup insisté sur le fait que les recettes et l’apport d’une telle compétition au pays valaient ce sacrifice».

François Hollande et la récupération politique des exploits sportifs

Le président de la République est un grand amateur de métaphores mélangeant sport et politique, qu’elles soient orales ou symboliques. Avant le mondial brésilien, lors de la photo de groupe des Bleus, il avait ainsi tenu à se placer à côté de Laurent Koscielny, car le défenseur d’Arsenal était venu au secours d’une entreprise locale d’accordéon, dans une analogie évidente au «made in France» défendue par son gouvernement.

«C’est la première question qu’on lui a posée. Il a répondu avec ironie «Le rapport sport/politique amène des métaphores faciles et des interprétations grossières». Il nous a dit aussi "Quand il y a des résultats, il y a récupération". Mais pour lui, elle peut être positive. Par exemple, Hollande énonce clairement qu’il aurait fallu, dans l’élan populaire de 98, faire voter une grande loi sur l’intégration».

François Hollande et la passion du supporter

C’est sans doute l’aspect le plus intéressant de l’entretien, de par les confidences inédites du président socialiste. Plusieurs anecdotes valent le détour. Par exemple que François Hollande regarde les grands matchs de foot – son sport préféré - avec son ami Jean-Pierre Jouyet, et que les deux hommes ont pleuré le soir lors du cauchemar de Séville en 82. «On a senti chez lui un vrai rapport au sport comme une sorte d’éducation citoyenne. C’est pour ça qu’il a emmené ses enfants au stade très tôt. Vivre des émotions en commun à travers le sport avec des inconnus, c’est important. Le titre de l’entretien – "au stade, on n’est jamais seuls" - y fait d’ailleurs référence.»

Les passions sportives, elles ont évolué avec le temps et les responsabilités, mais le chef de l’Etat peut parler longtemps du FC Rouen, «le club de son enfance» et des matchs de fins d’été à Louis II, «où il se targue d’avoir vu avant tout le monde que Henry et Trezeguet deviendraient de très grands joueurs».