Coupe du monde 2022 au Qatar: Selon le Conseil de l’Europe, la Fifa doit revoter

FOOTBALL C’est une «obligation»…

20 Minutes avec AFP

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Le président de la Fifa Sepp Blatter s'apprête à dévoiler le nom du pays hôte du Mondial-2022 de football, à savoir le Qatar, le 2 décembre 2010 à Zurich
Le président de la Fifa Sepp Blatter s'apprête à dévoiler le nom du pays hôte du Mondial-2022 de football, à savoir le Qatar, le 2 décembre 2010 à Zurich — Philippe Desmazes AFP

Un rapport du Conseil de l'Europe, adopté mardi, demande à la Fifa de procéder à un nouveau vote pour attribuer l'organisation du Mondial 2022 de football, après la procédure «profondément entachée d'illégalité» emportée par le Qatar. Après des révélations sur cette décision «radicalement viciée», «la Fifa ne saurait se dérober de son obligation de procéder à un nouveau vote», selon ce rapport de la commission de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE).

Les parlementaires y regrettent que l'enquête de la chambre d'instruction du comité d'éthique de la Fifa, qui a mis au jour des «pratiques extrêmement douteuses», n'ait pas été entièrement publiée. Et ils fustigent la «facilité» avec laquelle la Fifa a confirmé la désignation du Qatar malgré cette enquête.

«Une farce»

Le député travailliste britannique Michael Connarty, rapporteur de ce projet de résolution parlementaire, déplore sans détours une «farce» et «une tentative d'étouffer l'affaire» de la part des instances mondiales du football.

Dans son exposé des motifs, il dit avoir consulté des documents révélés par le Sunday Times, prouvant qu'un membre qatari du Comité exécutif de la Fifa, Mohamed Bin Hammam, avait versé d'importantes sommes d'argent pour s'attirer le soutien de fédérations africaines de football lors de l'attribution du Mondial 2022.

«Respecter les droits fondamentaux des migrants»

«L'affirmation concernant l'absence d'une responsabilité directe du Qatar pour les agissements de M. Bin Hammam ne saurait rendre valide une procédure si profondément entachée d'illégalité», insistent les parlementaires européens.

Ils demandent aussi au Qatar, vivement critiqué au sujet des conditions de travail des immigrés employés sur les chantiers du Mondial, «de prendre sans délai toutes les mesures nécessaires pour garantir le respect des droits fondamentaux» de ces migrants.

Le texte et la résolution qui l'accompagne doivent être soumis en avril en session plénière à l'APCE, qui regroupe à Strasbourg plus de 300 parlementaires des 47 États membres du Conseil de l'Europe. Une résolution de cette assemblée n'a pas de valeur contraignante, mais constitue une pression politique.