CAN 2015: La Guinée a aussi son Pogba

FOOTBALL Florentin, frère de Paul, joue la Coupe d’Afrique des nations avec la sélection guinéenne…

B.V.

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Florentin Pogba sous le maillot de Saint-Etienne, en 2014
Florentin Pogba sous le maillot de Saint-Etienne, en 2014 — JEFFROY GUY/SIPA

Le monde a découvert Paul, il y a quelques mois au Brésil. D’ici quelques matchs, l’Afrique va faire connaissance avec un autre Pogba, Florentin, engagé à la CAN avec la Guinée. De trois ans l’aîné, le milieu de Saint-Etienne n’a pas eu tout a fait la même trajectoire que son petit frère. Pendant que Paul régalait déjà le public avec la Juventus, Florentin, passé par le Celta Vigo et Sedan, s’est arraché pour entrer dans les plans de Christophe Galtier à Saint-Etienne, où il joue désormais assez régulièrement.

«On savait qu’il avait envie de réussir, comme tous les gamins de cet âge il voulait passer pro, se souvient Sambou Tati, qui a entraîné tous les Pogba (il y a aussi Mathias, frère jumeau de Florentin) à Roissy-en-Brie. Mais de là à dire qu’il le ferait… Il a fait preuve d’abnégation, de vouloir toujours en faire plus que les autres pour réussir.» Moins doué naturellement que Paul, Florentin compense par une grosse activité. «Depuis sa tendre enfance, même quand je le mettais attaquant, il a toujours eu tendance à redescendre et à travailler au milieu de terrain, car il aime ça», en sourit le père, Antoine Fassou Pogba.

«Ce qui compte, c’est l’intérêt du joueur»

Ce qu’il lui a valu d’ailleurs d’être très vite appelé en équipe de Guinée, avant même d’être pro. Né à Conakry, Florentin a eu le choix entre deux sélections. «Il n’était pas trop utilisé avec la Guinée et a alors accepté une invitation pour faire le tournoi de Toulon (-20 ans) avec la France, se souvient Sambou Tati. Puis, quand il a regardé les perspectives avec les joueurs qui évoluent en France, il a finalement choisi à nouveau la Guinée.»

Un fils avec la Guinée, l’autre avec la France, la question irrite un peu le père. «C’est l’intérêt du joueur qui compte, coupe-t-il. Ca ne sert à rien de les forcer à jouer à gauche ou à droite, dans tel ou tel pays… depuis qu’ils sont jeunes, ils savent ce que c’est de jouer pour la Guinée ou pour la France. On en a maintes fois parlé, chacun a choisi.» Et viendra peut-être le jour où ils s’affronteront sur le terrain: «Ce ne serait pas nouveau pour eux, assure Antoine Fassou Pogba. Je les ai déjà mis dans cette situation chez les jeunes. Quand ils jouent l’un contre l’autre, personne ne cherche à vouloir prouver qu’il est meilleur que l’autre, à le minimiser ou le ridiculiser. Pour eux, le football ne doit pas les opposer jusqu’à se faire mal.»