Dakar 2015: Laia Sanz, la pilote qui chatouille l'ego des hommes

MOTO Certains motards ont du mal à se faire au talent de la pilote espagnole Laia Sanz, qui figurent désormais parmi les meilleurs du Dakar...

Nicolas Camus
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La pilote espagnole Laia Sanz, à l'arrivée de la 8e étape du Dakar à Iquique (Chili), le 12 janvier 2015.
La pilote espagnole Laia Sanz, à l'arrivée de la 8e étape du Dakar à Iquique (Chili), le 12 janvier 2015. — 20 Minutes / Nicolas CAMUS

De notre envoyé spécial à Iquique (Chili)

Ça les intéresse parfois plus que leur propre place. A l’arrivée des spéciales, alors qu’ils n’ont même pas enlevé leur casque, il n’est pas rare de voir les motards du top 30 demander s’ils sont «devant ou derrière elle»? Elle, c’est Laia Sanz, une pilote espagnole de 29 ans en train d’en rendre jaloux plus d’un sur le Dakar.

En progrès constants depuis sa première participation, en 2011, la Catalane, 9e au général après sa 5e place à Iquique ce lundi, étonne, impressionne… et énerve, un peu, dans le monde très masculin de la moto. «Je sais qu’ils n’aiment pas que je les batte. Ils ne me le disent pas clairement mais je le sens, avoue-t-elle en souriant. Ils peuvent perdre contre d’autres pilotes, ça ne les dérange pas. Mais quand c’est moi là c’est autre chose.»

>> Retrouvez ici le blog de Bruno Da Costa, motard sur le Dakar

Sur la route menant à Copiapo, la semaine dernière, sa présence juste derrière lui a ainsi motivé le Français Michael Metge. Soulagé d’avoir finalement gardé sa position, il se fait gentiment chambrer par Luc Alphand à l’arrivée. «Tu voulais pas te faire passer, hein ?», lui lance en plaisantant le consultant de France Télévisions, vainqueur de l’épreuve en 2006. «Ah non, c’est sûr que ça m’a poussé !», répond le motard, qui se montre toutefois beau joueur : «Elle va vraiment vite, elle est régulière, ne fait pas d’erreurs. C’est impressionnant».

«Il faut se rendre compte du niveau général. Il y a vingt pilotes pros, et Laia est là, au milieu, et va les chatouiller. Elle a la force, le mental, et en plus à l’arrivée elle n’a jamais l’air cramée, contrairement à d’autres», ajoute Alphand. A force de régularité - elle n’a jamais fait pire que 19e d’une étape cette année -, Laia Sanz est en train de gagner le respect de tous. «Je pense que le résultat de l’année dernière [16e] y est pour beaucoup. Et la manière dont ça se passe cette année confirme ça. Ils se rendent compte que ce n’est pas de la chance», explique celle qui cumule 15 titres mondiaux en trial et enduro.

«La douche, c’est plus compliqué»

Si elle devient peu à peu un pilote «comme les autres», il est une chose pour laquelle son statut de femme la rattrapera toujours: la promiscuité à l’intérieur du bivouac, qui l'oblige à quelques stratégies. «C’est vrai qu’au moment de prendre la douche, c’est plus compliqué. Je dois faire attention à y aller au bon moment et en avoir pour moi, raconte-t-elle. Mais souvent les gars m’aident, c’est gentil.» Même s’ils n’aiment pas trop la voir devant sur la piste, les motards ne sont finalement pas si rancuniers le soir venu.