Stoïchkov filou jusqu'au bout

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Hristo Stoïchkov est aussi malin avec un ballon que pour gérer sa carrière...
Hristo Stoïchkov est aussi malin avec un ballon que pour gérer sa carrière... — DR

Ce bon vieux Hristo ne changera jamais. Emblème du briscard génial sur les pelouses, Hristo Stoïchkov a su rester maître dans l'art de rebondir. Après avoir mené une carrière exceptionnelle de joueur, promenant ses airs de Bulgare hagard du CSK Sofia au DC United de Washington, en passant par Barcelone, Parme, Kashiwa, Al-Nasr et Chicago, le ballon d'or 1994 refait le coup du globe-trotter en tant qu'entraîneur.

Un maigre bilan d'entraîneur


Mardi, en l'espace de deux heures, Stoïchkov a démissionné de son poste de sélectionneur national de la Bulgarie, avant de prendre les rênes du club espagnol du Celta Vigo. A 41 ans, l'attaquant roublard va jouer le Luis Fernandez façon slave, en tentant d'être l'homme du maintien des Galiciens, actuellement premier relégable de la Liga.

Pour l'heure, le meilleur buteur et demi-finaliste de la Coupe du Monde 1994 n'a pas un bilan de coach aussi exceptionnel que sa pléïade de buts marqués avec le Barça (champion d'Europe 1992). Sélectionneur depuis juillet 2004 d'une Bulgarie en quête de renassance, autour du jeune prodige Dimitar Berbatov, il n'a pas réussi à qualifier ses hommes pour le Mondial 2006, et ceux-ci occupent une piètre troisième place de leur groupe de qualification à l'euro 2008 (derrière la Roumanie et les Pays-Bas).

La part d'ombre

Après le récent match nul un brin déshonorant face à l'Albanie à domicile (0-0), Stoïchkov avait conscience des «sentiments négatifs accumulés» contre lui par les joueurs. Il faut dire que l'homme n'est pas la classe incarnée. Connu pour ses sautes d'humeur à l'époque du grand Barça de Cruyff, où les engueulades avec d'autres poètes égotistes comme Koeman ou Romario résonnent encore aux abords du Camp Nou.

Passons sur le vieux fond raciste du bonhomme, accusé par Marcel Desailly d'insultes envers les joueurs noirs de l'équipe de France, lors de l'Euro 1996. Stoïchkov avait alors avoué les faits, jugeant «normal que ce genre de choses arrive sur un terrain». Materrazzi avant l'heure, le salopard bulgare a aussi laissé quelques traces de son passage outre-Atlantique, où il est sous le coup d'une plainte pour «conduite irresponsable et négligente» de la part d'un de ses anciens adversaires, à qui il a cassé la jambe lors d'un match amical...

Mais, comme toute légende du ballon rond qui se respecte, le côté bad boy est un corollaire du génie footballistique. Et quel génie...