Dakar 2015: Comment gérer les passages en très haute altitude?

MAL DES MONTAGNES Les motards attaquent la Cordillère des Andes ce mardi, avant de la traverser avec tous les autres concurrents mercredi...

Nicolas Camus

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Le pilote espagnol Jordi Viladoms, lors du passage de la Cordillère des Andes, sur l'étape entre Mendoza et Valparaiso, le 9 janvier 2009 sur le Dakar.
Le pilote espagnol Jordi Viladoms, lors du passage de la Cordillère des Andes, sur l'étape entre Mendoza et Valparaiso, le 9 janvier 2009 sur le Dakar. — I.Alvarad/REUTERS

De notre envoyé spécial à Chilecito (Argentine),

On la devine seulement, pour l’instant, très loin dans le paysage. Mais dès ce mardi, elle sera une réalité pour les motards, qui aborderont ses contreforts avant de la traverser, comme tous les autres véhicules, mercredi. La Cordillère des Andes est un monument que les pilotes du Dakar redoutent. Passer à moto à 3.500 mètres d’altitude, comme ce sera le cas entre San Juan et Chilecito ce mardi, n’est jamais une partie de plaisir - excepté pour les paysages. «On se sent asphyxié. La moto marche moins bien, notre organisme aussi. Moi je l’appréhende», explique Xavier de Soultrait, qui avait été marqué par ces sensations lors de sa première participation l’année dernière.

Pour passer sans trop ressentir les effets de l’altitude, chacun a ses petits trucs. La classique feuille de coca, évidemment, ou s’arrêter pour boire des matés, de coca aussi. «On peut aussi prendre un médicament [le Diamox] mais il est hyperdiurétique alors ce n’est pas très pratique ! Personnellement je préfère m’en passer», reprend le motard français. Qui raconte également qu’il a pu compter pour sa grande première sur les conseils des plus expérimentés.

Les 500 km de lundi, pas la meilleure des préparations

David Casteu en fait partie. Le Français, 14e du général, est un amateur de feuilles de coca pour ce genre de situation. «Les locaux nous en donnent en nous disant que c’est le mieux, et il faut toujours les écouter, sourit-il. Je l’ai fait une fois sans, j’ai senti la différence!» Cependant, pour lui, cela ne suffira pas forcément. «L’important, au-delà des choses que l’on peut prendre, est d’être en forme. Et après la spéciale d’aujourd’hui [celle de lundi, la plus longue de cette édition avec 518 km à effectuer] qui a vraiment usé tout le monde, ça ne va pas être évident», juge celui qui a terminé 2e en 2007.

Il se dit même «inquiet, surtout pour ceux qui ont puisé dans leurs réserves» lundi. A voir les visages et prêter une oreille aux conversations lundi soir au bivouac, ils sont très nombreux. «L’altitude endort et donc il est plus dur de rester vigilant, alors qu’il faut l’être encore plus. Ça te sert, la tête tourne. Il ne faut surtout pas paniquer», détaille Casteu.

Pour les moins à l’aise, l’équipe médicale mettra à disposition des bombonnes d’oxygène régulièrement sur le bord de la route, à partir de 3.000 mètres. «Cela reste des altitudes correctes. On n’est pas trop inquiets, on n’a jamais eu de problèmes les années précédentes», rassure le médecin-chef du Dakar, Florence Pommerie. Pour elle, seul un souci technique au mauvais endroit pourrait poser problème. «Si un pilote est obligé de pousser sa moto et reste trop longtemps en haut, là il pourrait vraiment en souffrir.» Le meilleur de passer tranquillement les sommets, c’est encore d’y rester le moins longtemps.