Procès Pistorius: Début de l'audience pour examiner la demande d'appel du parquet

JUSTICE Une nouvelle audience s'est ouverte ce mardi devant la juge sud-africaine qui a condamné Oscar Pistorius à cinq ans de prison, qui doit décider si elle accepte que le procès aille en appel...

N.C. avec AFP

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Oscar Pistorius après l'annonce de son verdict au tribunal à Pretoria, le 21 octobre 2014
Oscar Pistorius après l'annonce de son verdict au tribunal à Pretoria, le 21 octobre 2014 — Themba Hadebe POOL

Une nouvelle audience s'est ouverte mardi devant la juge sud-africaine qui a condamné le champion paralympique Oscar Pistorius à cinq ans de prison pour l'homicide de sa petite amie en 2013 et qui doit décider si elle accepte que le procès aille en appel. «Les conséquences de son acte auraient dû être davantage prise en considération», a exposé Gerrie Nel, repartant à la charge contre le verdict d'homicide involontaire rendu par la juge, contesté par une partie du monde judiciaire. Le champion, qui vient de fêter ses 28 ans en prison, n'était pas présent.

Le procureur a exposé une nouvelle fois que Pistorius savait qu'il risquait de tuer quelqu'un, dès lors que la juge Thokozile Masipa elle-même a conclu que l'athlète avait agi «de façon très négligente» quand il a tiré sur la porte des WC de sa chambre. «Il ne s'agit pas de quelqu'un qui a tiré à l'aveugle ou désorienté», a-t-il ajouté. «En se fondant sur tout ça, nous affirmons que l'élément de clémence a été peut-être exagéré à outrance», a-t-il dit.

Une condamnation à 5 ans est un précédent gênant pour la jurisprudence nationale, selon le procureur

Non seulement, une condamnation à cinq ans de prison est «inappropriée» selon lui, mais cela créé un précédent gênant pour la jurisprudence nationale. «Le précédent créé par le tribunal met la barre très bas, c'en est choquant», a-t-il dit. Pistorius, double amputé des pieds après la naissance et qui a fait sensation aux Jeux olympiques de Londres 2012 en courant sur des lames de carbone, a abattu son amie mannequin Reeva Steenkamp le 14 février 2013.

Il a tiré quatre balles de gros calibre à travers la porte des toilettes de sa salle de bains, par erreur, a-t-il dit, la prenant pour un cambrioleur. Toute la question est de savoir si, au moment de tirer, il avait conscience qu'il pouvait donner la mort. Si la réponse est «oui», alors la juge aurait dû rendre un verdict de meurtre, estime le Parquet.