Coupe de l’America pour les nuls

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Un marin d'Alinghi...
Un marin d'Alinghi... — alinghi 2003-2007

La dernière ligne droite est là... Jusqu'au début du mois de juillet, les régates de la Coupe de l'America vont se succéder à Valence. Mais les obscures règles de cette compétition bloquent beaucoup d'amateurs de sport. Pour eux, rien de tel qu'un petit guide pour s'en sortir.

Voici le nôtre (voir aussi notre diaporama Les Class America tombent la jupe).

Comment se déroule la compétition?

Du 3 au 7 avril, auront lieu les dernières courses préparatoires baptisées «Louis Vuitton Act 13». Les «Acts», nouveauté de cette édition, ont une importance toute relative. En gros, ils permettent de faire monter la sauce depuis trois ans et d’attirer les sponsors. Le véritable début des hostilités aura donc lieu le 16 avril avec le lancement de la Coupe Louis Vuitton. Jusqu’au 7 mai ce sera les «Round Robins» au cours desquels tous les challengers se mesureront. Les quatre premières équipes disputeront les demi-finales puis les finales du 14 mai au 12 juin. Le vainqueur de la Coupe Louis Vuitton affrontera alors le dernier vainqueur de la Coupe de l’America, defender du trophée, le syndicat suisse du milliardaire Ernesto Bertarelli, Alinghi. Ce 32ème America’s Cup Match se déroulera du 23 juin au 7 juillet, au meilleur des neuf manches.

Comment se passe une régate?
Une régate de l'America's Cup est un match race (duel de bateaux). La ligne de départ est placée, perpendiculairement au vent qui balaye le plan d'eau. Avant le départ, les bateaux tentent de se gêner l'un l'autre afin de se positionner de manière optimale pour le coup de canon. Si un bateau passe la ligne avant le coup, il devra faire un tour de 270 degrés sur lui-même. Les bateaux font un premier "aller" contre le vent, avancent en zigzags perpendiculaires car il est impossible d'avancer face au vent, passent ensuite la bouée une première fois, dans le sens des aiguilles d'une montre. Le "retour" se fait au vent arrière puis on répète l'aller-retour une deuxième fois.

Quelles sont les équipes?
Douze syndicats sont en compétition. Le defender est Alinghi qui navigue pour les couleurs de la Société Nautique de Genève. Les challengers favoris sont Oracle (USA), Emirates Team New Zealand (NZL), Luna Rossa Challenge (ITA). Le Desafio Espanol 2007 jouera à domicile et les couleurs françaises seront défendues par Areva Challenge ou, en partie, par China Team, l’équipe chinoise construite sur la structure du syndicat Le Défi. Restent, les Sud-africains de Shosholoza, les Suédois de Victory Challenge, les Allemands de United Internet Team Germany et deux autres équipes italiennes, Mascalzone Latino et +39 Challenge.

Comment suivre la Cup?
Cette année, on pourra voir la voile comme on ne l'a jamais vue. A la télé d’abord avec des images de synthèse fournies par Virtual Eye. Mais, nouveauté révolutionnaire, on peut d’ores et déjà suivre les courses de préparation en images de synthèse et en temps réel sur ordinateur et sur téléphone portable. L'America's Cup Live Sailing est effectivement un système permettant de suivre les régates en image de synthèse générées en temps réel ou en archive. Les informations reçues sont transmises par des unités GPS situées sur tous les bateaux en compétition et sur les bouées. Des capteurs de vent ont même été placés pour la première fois par les organisateurs partout sur le plan d'eau. Au niveau météorologique, l'internaute sera mieux informé que les équipes en course.

Comment s’organise une Coupe de l’America ?
Quatre ans après la victoire d'Auckland, la Coupe de l'America organisée par la Société Nautique de Genève voit effectivement le jour à Valence. Car l’organisation de la compétion revient toujours au yacht club qui a remporté le trophée. Cette année, les Suisses ont décidé de séparer l’entité d’organisation et l’équipe en compétition. Pour la première fois, la sélection de la ville hôte s’est faite sur le modèle olympique (car Genève n’a qu’un lac et pas de mer). Résultat, Valence l’espagnole a ravis le jackpot à Marseille, la francophone.

Paul Ackermann