Ligue 1: Comment Daniel Wass est devenu le meilleur tireur de coup-franc d’Europe

FOOTBALL Le milieu de terrain d’Evian, auteur de deux coup-francs splendides cette semaine, suit les traces de Juninho…

Julien Laloye

— 

Daniel Wass, la nouvelle gachette de L1, le 16 août 2014 à Rennes.
Daniel Wass, la nouvelle gachette de L1, le 16 août 2014 à Rennes. — Pierre Minier/Ouest Medias/Sipa

Ça doit être la nostalgie. Vous savez, quand un Lyonnais tombait à moins de 40 mètres des buts adverses et qu’un frisson de bonheur – ou de peur, c’est selon - envahissait tout un stade à l’idée de voir Juninho s’avancer pour balancer une ogive sur coup franc. Gerland avait même dédicacé un chant spécial au Brésilien à chaque tentative. Les supporters d’Evian, n’en sont pas encore là, mais Daniel Wass, auteur d’un coup franc sublime à Bastia mercredi, commence à se faire sa petite réputation de sniper en Ligue 1. «C’est vrai qu’on a senti que le public se taisait à Furiani à chaque coup franc, raconte Benjamin Leroy, coéquipier du danois à Evian.  Même à l’extérieur, les gens attendent ça parce que c’est spectaculaire».

«Il en met un sur trois à l’entraînement»

Le gardien remplaçant  de l’ETG est bien placé pour parler du phénomène. C’est lui qui s’infuse le plus souvent les séances de rab organisées par le Danois à la fin de l’entraînement. Jamais très longues, dix minutes tout au plus, le temps d’envoyer une quinzaine de missiles sol/air en lucarne. Ou ailleurs. «Il tente tout. Avec rebond, sans rebond, à mi-hauteur... Il met le ballon à différentes distances et il répète les trajectoires, parfois en fonction des conseils qu’on lui donne. Mais ce qui est fou, c’est qu’il la place où il veut en la faisant flotter». Le tout sans victimes pour faire le mur. Comme si l’obstacle était négligeable pour Wass. «Je ne sais pas, s’interroge Leroy, il faudrait lui demander. Mais sur les deux qu’il vient de mettre, tu ne peux rien reprocher aux gardiens. Ils anticipent bien, sauf qu’après le ballon change de direction d’un coup et c'est fini.»

Combien finissent au fond à l’entraînement? «Ça dépend des jours, mais si je dis un sur trois, je ne suis pas loin de la vérité. Franchement, quand on est gardien, c’est un peu le même rapport qu’avec un penalty. On a l’impression qu’il peut la mettre à chaque fois». Un sur trois, c’est un peu plus qu’en match, où le taux de réussite du Danois se défend pourtant très correctement. 8 coups francs marqués sur 42 essais depuis la saison 2010/2011, si l’on a bien ajouté les trois derniers à Bastia. Selon la data room de Canal +, personne n’a fait mieux en Europe sur la période, Ronaldo et Messi compris. Et c’est sans compter ceux qui ont manqué la cible d’un rien ou provoqué une panique du tonnerre dans les surfaces adverses.

«On sent que l’équipe d’en face n’est pas bien»

«Ici, le coup franc dont on m’a parlé en premier quand je suis arrivé, Daniel ne l’a pas marqué. C’est une mine de 40 mètres sur la barre de Sirigu l’an passé. On sent que l’équipe d’en face n’est pas bien quand il y a une faute. Il suffit de suivre la frappe et ça peut faire une occasion. Pour une équipe comme nous, c’est énorme». Peut-être même trop beau. Un talent pareil, cela devrait commencer à se savoir plus loin que la Haute-Savoie. Marseille a tenté sa chance en vain l’été dernier, mais, Pascal Dupraz, l’entraîneur d’Evian, s’est fait à l’idée de perdre son capitaine d’artillerie à la fin de la saison.

«Nous savons qu'il va partir. A terme, au 30 juin prochain, il ira exercer son talent ailleurs et j'invite de grands clubs à s'intéresser à ce joueur-là. J'ai une grande fierté de l'avoir recruté il y a de cela quatre ans, donc je m'attribue un tout petit peu de sa réussite.» En espérant qu’elle dure encore un peu pour permettre à Evian de se maintenir une année de plus.