VIDEO. Ligue 1: A-t-on le droit de critiquer le PSG?

FOOTBALL La formation parisienne n’est pas aussi séduisante que la saison dernière…

Romain Baheux

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Les Parisiens célèbrent un but contre l'Ajax Amsterdam le 25 novembre 2014.
Les Parisiens célèbrent un but contre l'Ajax Amsterdam le 25 novembre 2014. — JEFFROY GUY/SIPA

«Difficile cette victoire? C’est toujours difficile avec vous…» Le rictus coincé de Salvatore Sirigu après le succès contre Nice samedi (1-0) ne laisse aucun doute. L’Italien en a marre. Déjà qualifiés pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions, deuxièmes du championnat, lui et ses équipiers du PSG, en déplacement à Lille mercredi, vivent assez mal de voir leur série de neuf victoires discutées sur la forme. «Il peut y avoir des critiques mais après il ne faut pas aller trop loin non plus», s’agace Blaise Matuidi dans un entretien accordé à RMC.

Son entraîneur ne cherche pas à comprendre les piques. Mardi, on a rapidement compris qu’il ne valait mieux pas titiller Laurent Blanc sur ce point en conférence de presse. «Je me fous des observateurs. On ne va pas parler de ça à chaque fois. On a neuf victoires, on est invaincus et vous leur demandez pourquoi ils jouent mal. Il y a de quoi être agacé», a lancé le technicien parisien, prompt à assimiler ces critiques à des débats dignes du premier bistrot venu.

Pas si en retard

Oublions les cacahuètes et la pinte et concentrons-nous sur le rationnel. Non, ce PSG ne possède pas des temps de passage bien inférieurs à ceux de la saison dernière: Paris compte quatre points et cinq réalisations de moins en championnat et n’a encaissé que deux buts de plus. Les chiffres n’ont rien d’infamant mais le problème du club de la capitale repose sur la comparaison avec ses énormes prestations de la saison dernière.

Là où les hommes de Laurent Blanc alignaient les caramels en C1 et en Ligue 1, la tendance est plus poussive. Simple exemple: en Europe, ils n'ont ainsi remporté qu'un seul match par plus d'un but d'écart, face à l'Ajax Amsterdam (3-1), contre trois la saison dernière. Voir cette équipe se montrer trop gestionnaire, attitude sanctionnée par des nuls face à Amsterdam à l'aller, Lyon ou Monaco, nourrit aussi la frustration autour de ses performances.

«Peut-être que l'on jouait un peu mieux la saison dernière mais ce qui compte, c'est de gagner les matchs», riposte Lucas Digne. Dans une semaine, cette qualité de jeu moindre pourrait quand même s'avérer problématique sur la pelouse du Barça où se disputera la première place de leur groupe de C1. «C’est sûr qu’il faudra proposer autre chose. Des prestations comme celle qu’on vient de faire ce week-end (1-0 contre Nice), ça ne suffira pas, on le sait, poursuit Matuidi. Mais je pense que ça va arriver et vous aller voir à nouveau le grand Paris.» Salvatore Sirigu pourra alors retrouver le sourire.