VIDEO. Coupe Davis: Tsonga est-il blessé? «Il a été préservé pour certaines raisons» avoue Clément

TENNIS Le Français s’est retiré du double au dernier moment sans que l’on en sache précisément la raison….

Julien Laloye

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Jo-Wilfried Tsonga, le 22 novembre 2014 à Lille.
Jo-Wilfried Tsonga, le 22 novembre 2014 à Lille. — Christophe Ena/AP/SIPA

Julien Benneteau a bien tenté de faire croire que tout était prévu d’avance. Qu’il savait parfaitement qu’il allait accompagner Richard Gasquet en double depuis longtemps. Presque depuis l’année dernière si l’on entend bien. Et que non, au grand jamais, il n’avait été prévu au dernier moment de la reculade de Jo, au point de venir s’échauffer en catastrophe à une heure et demie du double. Ça n’excuse pas la défaite, mais ça appelle quelques questions. Auxquelles le capitaine Arnaud Clément n’a pas plus répondu que ça, dans un modèle de langue de bois admirable. C’est simple, cela ressemblait à deux versions qui s’accordent juste avant une garde à vue, avec Gasquet dans le rôle du complice mutique. Personne ne sait pourquoi Tsonga n’a pas joué, ou alors tout le monde est au courant et garde sa langue. Du coup, chacun y va de sa version.

«C’est rare de le voir émotif comme ça»

«Tsonga ne jouait pas bien à l’entraînement de la matinée, tente Patrice Dominguez, l’ancien DTN du tennis français. Il est venu taper la balle, ça se passait pas très très bien, donc je pense qu’il n’est pas remis psychologiquement. Il a pris un coup sur la tête avec sa défaite contre Wawrinka.» C’était aussi la thèse de Thierry Ascione, l’un des deux entraîneurs du Manceau avec Nicolas Escudé. Deux heures avant il était annoncé dans l’équipe, et puis à une heure du match, il ne l’était plus, Vendredi soir, une fois la frustration évacuée, il avait fait remonter la pression pour être à fond sur le terrain. Physiquement il allait bien.» Pourtant, des rumeurs ont rapidement couru sur une blessure au coude, confirmées par le toujours gaffeur président de la Fédération française de tennis, Jean Gachassin. «Tsonga a été préservé pour certaines raisons, avoue à demi-mot Clément. Mais il sera apte demain.»

Cette blessure inattendue expliquerait en tout cas cette crise de larmes étonnante, lors de la marseillaise d’avant-match, comme si Tsonga n’avait pas vraiment choisi de ne pas jouer ce double, alors qu’il était le premier choix de Clément depuis le début de la campagne. «Je crois qu’il voulait être sur le terrain, avance Ascione. Il a mis de la pression pour que ça bouge dans le public, et le public a bougé. C’est un hyper émotif. C’est sûr que c’est rare qu’il soit ému devant autant de gens comme ça.» Le signe d’un mal plus profond que le simple refus d’obstacle? Sa famille n’a pas voulu s’arrêter pour en dire plus. Tsonga lui-même n’est pas resté sur le banc toute la rencontre, mais Monfils non plus, et ce dernier pète le feu, aux dernières nouvelles.

«J’espère que c’est lui qui a dit qu’il ne se sentait pas»

«Je pense que c’est lui qui a dit qu’il ne se sentait pas, veut croire Arnaud Boetsch, le vainqueur inoubliable de 96. Après, il y a ne pas assumer quand on n’a pas envie d’y aller, et ne pas assumer parce qu’on a un problème et que c’est mieux pour l’équipe de laisser sa place.» Si le problème est assez grave pour l’empêcher de défier Federer dimanche en ouverture pour sauver la patrie, cela voudra dire qu’Arnaud Clément n’aura plus que deux choix possibles: Benneteau, qui a fait ce qu’il a pu samedi, et Gasquet, une nouvelle fois très décevant dans le rôle de patron. «J’espère juste que le capitaine pourra choisir son équipe avec toutes les forces en présence», conclut Ascione. Surtout si Federer continue à jouer à chaque fois un peu mieux que la veille.