Inter Milan - Saint-Etienne: Yann Mvila à la recherche du temps perdu

FOOTBALL L'ex-grand espoir du football français, titulaire jeudi en Ligue Europa, tente de renouer le fil de sa carrière en Italie...

Julien Laloye, avec C.P. à Lyon

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Yann Mvila avec l'Inter Milan, le 2 octobre 2014 en Ligue Europa.
Yann Mvila avec l'Inter Milan, le 2 octobre 2014 en Ligue Europa. — OLIVIER MORIN / AFP

Yann Mvila peut remercier Fredy Guarin. Le milieu colombien de l’Inter, passé par Saint-Etienne, devrait en effet monopoliser l’attention du nombreux public stéphanois présent à San Siro après ses brillantes déclarations sur Saint-Etienne, une «ville où il faisait froid et où il n’y avait rien à faire». Voilà qui évitera sans doute une bordée de sifflet à l’ancien milieu de terrain rennais, parti en exil après avoir été dans tous les bons coups: agression sur la voie publique, affaire de vol impliquant des prostituées, et côté terrain, une virée en taxi en Espoirs qui a fini de ruiner une réputation bien amochée.

«Il joue avec le bon état d'esprit»

La punition a duré un an et demi, le temps de se faire oublier par tout le monde au Tatarstan, du côté de Rubin Kazan, où celui qui incarnait encore le futur des Bleus en 2012 se remet la tête à l’endroit. «Ce n'est pas du tout un mauvais garçon, je vous l'assure, il s'entraînait toujours bien. J'ai lu toutes ces choses dans les journaux, mais il ne s'est jamais rendu coupable de quelque chose», explique par exemple son ancien coéquipier Roman Eremenko. L’Inter Milan, venu aux renseignements n’a en tout cas trouvé personne pour lui dire le contraire. «On ne juge que le sportif, pas l’être humain. Il a un très bon état d’esprit quand il joue, juge Benoît Cauet, formateur chez les jeunes à l’Inter. Il est bon quand on fait appel à lui, on le sent très impliqué sur le terrain».

Dans un club qui retrouve des moyens après plusieurs saisons passées à écluser des mauvais choix sportifs et financiers, Mvila la joue profil bas, grattant quelques titularisations en Ligue Europa, quand Mazzarri fait tourner. «Je le sens, je suis proche de retrouver la condition physique qui était la mienne, il y a maintenant quatre ans, confiait récemment l’ex-international à Skysport Italia dans une de ses très rares sorties médiatiques. Je ne suis pas encore à 100% c’est sûr, mais je suis sur la bonne voie». Celle des jaillissements dans les pieds et des fameuses «passes Ligue des champions qui cassent les lignes» chères à Frédéric Antonetti.

«Je suis proche de retrouver mon niveau d'il y a quatre ans»

«Il a eu du mal physiquement au début mais il est de mieux en mieux, confirme Cauet. Ce n’était pas évident pour lui parce que ce n’est jamais facile de passer d’un championnat à l’autre, mais il progresse bien.» Assez, en tout cas, pour rêver à un retour en grâce en France. Après tout, Mvila n’a que 24 ans, il est redevenu sélectionnable, et Deschamps a (re)donné une chance à d’autres que lui. Il lui faudra tout de même penser à renouer le fil avec les médias: Mvila fuit comme la peste tout ce qui ressemble de près ou de loin à un journaliste français, accusé «de raconter des conneries» sur son compte, selon les propres mots du joueur lors de sa présentation milanaise en juillet. Jeudi soir, il ne tiendra qu’à lui de susciter des envies de compliments.