Equipe de France: Cartes, ping-pong ou ennui total… Que font les joueurs de leur temps libre à Clairefontaine?

FOOTBALL Entre repos, soins, jeux et discussions entre potes, d’anciens Bleus racontent le quotidien des rassemblements à Clairefontaine…

Nicolas Camus
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Les joueurs de l'équipe de France en rassemblement à Clairefontaine, le 1er septembre 2014.
Les joueurs de l'équipe de France en rassemblement à Clairefontaine, le 1er septembre 2014. — FRANCK FIFE / AFP

Perdu au cœur de la forêt de Rambouillet, à plus de 50 km au sud-ouest de Paris, le centre national de football de Clairefontaine est le QG des équipes de France depuis son ouverture, en 1988. Un lieu calme pour préparer les rencontres internationales en toute sérénité, comme cette semaine avant d'affronter le Portugal... et peut-être même un peu trop, parfois, pour certains.

Car quand les crampons sont rangés, les mollets et les cuisses massés, comment les joueurs occupent-ils leur temps lors des rassemblements? «On peut compter les arbres, répond en rigolant Louis Saha. Non, c’est vrai qu’il n’y a pas grand-chose à faire. On est coincés au château, au milieu de nulle part. Mais ça peut être bien pour se vider la tête, parce que le reste de la saison on court dans tous les sens. Là on prend le temps d’appeler la famille, de se regarder un bon film, de décompresser quoi.»

International à 20 reprises entre 2004 et 2012, l’ancien attaquant de Manchester United ne garde pas forcément un souvenir impérissable de ses semaines passées au fin fond des Yvelines. «On aurait préféré être au centre de Paris. Mais au moins on n’est pas tenté de faire le mur!», plaisante-t-il aujourd’hui. Louis Saha se remémore toutefois quelques grands moments autour de parties de playstation ou de ping pong: «On jouait avec Pat’ [Evra], Titi [Henry] ou Nico [Anelka]. Nino Brown [Sylvain Wiltord] aussi. Lui, il était à bloc, tout le temps. Moi je laissais gagner les mecs pour être tranquille».

Mieux vaut être joueur que membre du staff pour ne pas s'ennuyer

Autre époque, autres habitudes. Plus que la console de jeux, Alain Boghossian reste marqué par les parties de cartes endiablées de la génération championne du monde en 1998. «Le tarot, la belote contrée ou coinchée… On jouait très souvent avec Didier [Deschamps], Zizou, Duga, Candela. Je me rappelle de contrées interminables, parfois jusque tard tellement on était pris par le jeu, l’enjeu. On s’éclatait bien», raconte l’ancien Parmesan, aujourd’hui consultant Ligue 2 pour Eurosport.

Contrairement à Louis Saha, Boghossian ne s’est jamais ennuyé à Clairefontaine. En tout cas, pas lorsqu’il y allait en tant que joueur. «On n’a pas tant de plages de libre que ça. Quand on est préparation, les choses sont bien définies, entre les entraînements, les soins, les repas, la sieste… Si en plus il y a deux entraînements dans la journée, ça va vite. Par contre, quand on fait partie du staff, une fois que les vidéos sur l’adversaire et les séances sont préparées, on tourne un peu rond», juge celui qui a également été l’adjoint de Raymond Domenech puis de Laurent Blanc entre 2008 et 2012.

Les deux hommes se rejoignent en tout cas sur un point. Que ce soit autour de la table de billard, de la télé ou d’un café, tranquille, après le dîner, ces petits moments sont aussi importants que ceux passés sur le terrain. «On se soude. On apprend à se connaître un peu plus, on rigole, il y a des échanges. Ça aide après à faire les efforts pour les autres», estime «Bogho». Si en plus mettre une tôle à un coéquipier au ping pong aide à marquer des buts, pourquoi se priver?