Zenith Saint-Petersbourg - Monaco: Pour Samuel Lobé, «les Russes ne sont pas des pompes à vélo»

FOOTBALL L’ancien attaquant français commente le championnat russe depuis deux ans et demi…

Propos recueillis par Antoine Maes

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Le Brésilien Hulk, du Zenith Saint-Petersbourg, le 16 septembre 2014, contre le Benfica Lisbonne.
Le Brésilien Hulk, du Zenith Saint-Petersbourg, le 16 septembre 2014, contre le Benfica Lisbonne. — PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP
  • L'AS Monaco se déplace en Russie pour y affronter le Zenith Saint-Petersbourg mercredi
  • La Russie est passée devant la France à l'Indice UEFA

Il n’a jamais joué en Russie, et n’y a même jamais mis les pieds pour commenter un match. Mais depuis deux ans et demi, Samuel Lobé est un des Français à avoir vu le plus de matchs du championnat russe. L’ancien attaquant de Laval et du Losc est en effet consultant pour Ma Chaîne Sport, qui détient les droits de la Премьер-Лига (Premier-Liga) pour l’Hexagone. Alors que Monaco se déplace à Saint-Petersbourg mercredi et que la Russie est passée devant la France à l’Indice UEFA, il livre son avis sur la rivalité entre les deux pays.

Quel est le niveau général du championnat russe?

Le Zenith est une équipe qui peut viser le quart de finale de la C1, mais c’est l’exception. C’est une super équipe, qui a fait de gros investissements avec Witsel et Hulk il y a deux ans. Pour le reste, ce sont des équipes calibrées Ligue Europa. Du coup, ma surprise, c’est que les gens soient surpris du niveau d’une équipe comme Krasnodar, ceux qui ont joué contre Lille. Et il y a quatre ou cinq équipes comme ça. Que Lille dise "ouais c’est une bonne équipe, on ne connaissait pas trop" alors qu’ils ont quand éliminé la Real Sociedad au tour d’avant… Ils ont un bon noyau entre la 2e et la 6e place, et ensuite c’est assez faible, c’est du bas de tableau de Ligue 1. Que le grand public soit surpris, passe encore, mais que Lille soit surpris... On peut leur donner les cassettes des matchs, à Ma Chaîne Sport.

Qu’est-ce qui fait la différence entre les deux pays?

Les investissements. Le Zenith, c’est Gazprom. Ils vont avoir un nouveau stade, ils ont pris Javi Garcia, ils ont pris Garay… Je ne sais pas si beaucoup de clubs français auraient pu prendre ces joueurs-là, à part le PSG. Et les autres clubs ont de bons joueurs russes et aussi de bons joueurs venus des championnats secondaires. Ahmed Musa on l’a vu avec le Nigeria, c’est un bon joueur, il vient d’un club hollandais, et il est au CSKA. Les Suédois Wernbloom et Elm, ça ne dit rien pour la plupart des Français, mais demandez à Ibrahimovic vous verrez ce qu’il va vous dire. Il faut prendre conscience que les Russes, ce ne sont pas des pompes à vélo.

Vous conseilleriez à un joueur qui hésite, d’y aller?

Ça dépend. Si vous me dites Dynamo Moscou ou Toulouse ou Saint-Etienne, moi je préfère être au Dynamo. C’est un club qui va exister au niveau européen. Et puis il y a les salaires. Pour le Mondial 2018, il y a 5 ou 6 stades qui vont sortir de terre, dès qu’ils auront sorti les racistes des stades, s’ils gardent leurs meilleurs éléments, c’est un championnat qui va prendre de l’ampleur.

La France peut-elle encore lutter?

Là où il faut réagir, c’est en Ligue Europa. Il faut vraiment la jouer. Mais si les oligarques attirés par le Mondial 2018 continuent à investir, ce sera compliqué. Le revers de la médaille, la stabilité: aujourd’hui, l’Anzhi Makhatchkala ça n’existe plus. Mais attention: il y a 4 ou 5 ans on disait "attention le Portugal arrive" et aujourd’hui on est derrière.