Mondiaux de basket féminin: «Si l’équipe de France retrouvait les Etats-Unis en finale, cette fois elle n’oublierait pas de jouer le match»

BASKET Audrey Sauret, championne d’Europe en 2001, juge les Bleues avant les championnats du monde en Turquie...

J.L.
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Sandrine Gruda au duel avec Candace Parker, le 11 août 2012 à Londres.
Sandrine Gruda au duel avec Candace Parker, le 11 août 2012 à Londres. — Eric Gay/AP/SIPA

Quand il n’y en a plus, il y en a encore. Deux semaines après la médaille de bronze inoubliable des Bleus de Nicolas Batum en Espagne, l’équipe de France féminine, vice-championne d’Europe en titre, entre en piste à son tour aux championnats du monde de Turquie, son premier adversaire samedi. Avec pour seul objectif de viser le podium, estime Audrey Sauret, qui commentera la compétition sur les antennes de Canal +.

Les Bleues vont entamer la compétition après une victoire référence face aux Etats-Unis. Ça veut dire qu’elles sont favorites?

Ne nous emballons pas non plus (rires). C’est vrai, c’est un peu historique quand même. Quand on voit les réactions des Américaines sur le banc à la fin, on comprend qu’elles ont été bousculées et que ça ne leur a pas plu. Après, c’est sûr qu’il leur manque du monde à l’intérieur, et que certaines joueuses venaient de débarquer de WNBA. Il faut le temps de digérer le déplacement, retrouver des habitudes d’équipe…

Mais la différence s’est réduite depuis la finale des JO et les 40 points d’écart entre les deux équipes?

Je ne sais pas. Ce qui changerait aujourd’hui, c’est que si les Françaises doivent retrouver les Etats-Unis en finales des Mondiaux, cette fois elles n’oublieraient pas de jouer le match. En finale des JO, elles ne sont pas rentrées sur le terrain. Elles n’étaient pas dans une logique compétitrice, ça s’est vu dans leurs attitudes. Je pense qu’elles auront retenu la leçon.

Quel doit être l’objectif de l’équipe de France? S’offrir une revanche?

L’équipe de France doit viser la médaille. Les filles ont été secouées par l’Australie, mais c’était le premier match de préparation contre une grosse nation. Il n’y a pas une meilleure nation européenne que nous. La Turquie joue à domicile, c’est vrai, mais les joueuses cadres sont vieillissantes. Et  je pense que si on doit jouer l’Espagne, ce sera avec un autre état d'esprit qu’en finale de l’Euro. Il y a de nouvelles joueuses, donc pas de risque d’excès de confiance.

Ce sera la première de Valérie Garnier au coaching. Que faut-il en attendre?

Valérie a été obligée d’opérer un certain renouvellement, ce qui est toujours plus facile sur un Mondial que sur un championnat d’Europe, une compétition qui qualifie souvent pour les JO. Le souci, c’est qu’on ne sait jamais comment les nouvelles vont se comporter lors de leur première grande compétition. Ce sera le danger principal en Turquie. Comment vont réagir certaines filles sur les mêmes couperets?

Peut-on comparer le jeu des Bleues avec celui des Bleus de Vincent Collet, médaillés en Espagne?

C’est un raccourci mais c’est vrai qu’il y a des similarités. L’équipe de France féminine a souvent suivi les mêmes évolutions que l’équipe masculine. A une époque, on manquait de shooteurs, maintenant on a une équipe avec une dimension athlétique incroyable. C’est la culture du basket français. On défend à 300% en misant sur la densité physique, et certaines joueuses comme Isabelle Yakoubou ou Sandrine Gruda, qui se sont exportées à l’étranger, apportent une dimension offensive nouvelle, comme les garçons en NBA.

Si on devait comparer cette équipe à la vôtre, au début des années 2000, qui l’emporterait?

Ça passe pour de la jalousie quand on le dit, mais disons que l’adversité n’est pas la même. A notre époque, la Russie ou la République tchèque étaient intouchables. Pas mal de pays ont eu un gros trou générationnel, tout notre mérite a été de continuer à travailler. Et on n’était plus fortes à l’extérieur, avec Yannick (Souvré), Cathy (Melain), Edwige (Lawson)… S’il y avait match entre les deux équipes, on ne partirait pas battues d’avance!